Eaux industrielles : les vertus du traitement au point de rejet

Share page with AddThis Une étude italo-américaine plébiscite le traitement des effluents industriels en fin de chaîne de dépollution. Les auteurs affirment que, contrairement à certaines idées reçues, il contribue à mieux comprendre l’ensemble du cycle de dépollution en amont et à agir plus efficacement pour protéger l’environnement.

L’étude* publiée par Management Science le 17 novembre explique, données à l’appui, pourquoi il est important pour l’industriel de pousser le cycle de traitement des eaux usées jusqu’au bout de la chaîne de dépollution (end of pipe – EOP treatment), c’est-à-dire jusqu’au point de rejet dans l’environnement.
 

JFP
© Photothèque Veolia / Jean-François Pelegry

Nombre de spécialistes y voient une occasion pour les industriels « de moins s’investir dans l’élimination des déchets en amont (du cycle de production, NDLR) et de compliquer la lecture des informations nécessaires pour concevoir des solutions techniques préventives ». Pourtant, les deux auteurs, Nilanjana Dutt, du département de management et de technologie de l’université Bocconi à Milan et Andrew King, professeur de gestion au Dartmouth College, New Hampshire (USA), affirment que lorsque les industriels mettent en place ce traitement « end of pipe », on observe « une réduction significative et prolongée des polluants au point de rejet ».
 
Après une analyse minutieuse des données de 31 221 entreprises du secteur de l’industrie chimique américaine de 1991 à 2015, fournies par l’Agence de protection de l’Environnement américaine (EPA), « les résultats vont au-delà de nos attentes » expliquent Dutt et King : « Non seulement cela permet à l’industriel de mieux comprendre le fonctionnement du système complet de dépollution grâce à une meilleure analyse des mesures prises, mais cela conduit aussi à prendre les initiatives nécessaires pour réduire la présence des polluants à l’extrême fin de cycle. »

 
* L’étude complète est disponible en accès réservé sur la plateforme scientifique « ResearchGate »