Grande Muraille verte : le plan 2016-2020 privilégie les savoir-faire locaux

Share page with AddThis Le programme phare de l’Union africaine de restauration des terres sahariennes et sahéliennes franchit un nouveau cap : dans les cinq années à venir sera privilégiée une approche locale de la gestion de l’eau et des systèmes agro-forestiers.

Le nouveau plan d’actions favorisera les bonnes pratiques de terrain lancées par chacun des 11 pays participant au projet, à la différence du précédent qui privilégiait une approche descendante en matière de restauration des terres.
 

Barrière verte
© Axel Ducourneau / CNRS

 
Le Niger, un exemple à suivre
Les partenaires s’orientent désormais vers des initiatives de terrain ancrées dans l’économie locale. L’un des exemples les plus probants vient du Niger : les paysans nigériens pratiquent régulièrement la régénération des sols en utilisant des méthodes telles que la vivification des racines et le creusement, en saison sèche, de sillons en forme de demi-lune dans lesquelles les fermiers déposent les graines. Lorsque la saison des pluies arrive, l’eau demeure plus longtemps dans ces sillons courbes, alors propices à la germination. Ces méthodes ont été appliquées sur 5 millions d’hectares et ont permis la plantation de 200 millions d’arbres pour un faible coût : moins de 20 $ à l’hectare. Jonathan Davies, coordinateur du programme Global Drylands Initiative à l’UICN*, estime que ces méthodes permettent de produire 500 000 tonnes de céréales supplémentaires par an et de nourrir 2,5 millions de personnes.
 
Le nouveau plan quinquennal 2016-2020 de l’Union africaine comporte un ensemble d’actions phares réparties dans cinq catégories :
- gestion durable des terres et économie verte,
- changement climatique, développement socio-économique et gouvernance dans les territoires, 
- recherche d’accompagnement et développement,
- communication, marketing et promotion,
- système d’information et d’alerte précoce.
 
L’ambition de ce projet est d’assurer la sécurité alimentaire de 20 millions d’habitants, de créer 350 000 emplois et de séquestrer près de 250 millions de tonnes de dioxyde de carbone tout en limitant l’avancée du désert.
 
Rappel du projet
L’initiative « Grande Muraille verte » est un programme de l’Union africaine réunissant plus de vingt pays. L’idée initiale, apparue en 2002 lors d’un sommet spécial à N’Djamena (Tchad), était celle d’un « mur d’arbres » traversant le Sahara et le Sahel pour endiguer la désertification. Le concept a fortement évolué depuis pour devenir un outil de programmation pour le développement rural prenant en compte les enjeux sociaux, économiques et environnementaux de la région: en 2007, onze États sahélo-sahariens ont créé l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte (APGMV).
 
Les premiers résultats ont été communiqués lors de la première conférence de la Grande Muraille, à Dakar, en mai 2016 : pour l’instant, 15% des 50 millions d’hectares de terres à restaurer ont été replantés.
 

* Union internationale pour la Conservation de la Nature