Le ciment écologique devient réalité

Share page with AddThis Les fabricants se mobilisent pour que le ciment, dont la demande augmente de 3 à 5 % chaque année dans le monde, devienne un produit à empreinte carbone réduite. A terme, il pourrait même absorber plus de C02 qu’il n’en émet. Explications.

Le mois dernier, un article scientifique publié par la revue Nature Geoscience* signalait que le ciment réabsorberait 43 % du CO2 nécessaire à sa fabrication. Une nouvelle importante car, d’après les estimations, la production de ciment représente 5 % du total des émissions de CO2 dans le monde. Elles seraient donc presque divisées par deux.
 
Autre bonne nouvelle, la mobilisation des fabricants de ciment face à la dérèglement climatique : un article publié le 6 décembre par The Fifth Estate, site australien dédié aux solutions industrielles en faveur du climat, explore les stratégies possibles pour que demain le ciment ne soit plus un produit énergivore mais bien au contraire un produit capable de présenter un bilan carbone négatif. Le ciment absorberait ainsi plus de CO2 qu’il n’en émet.
 
63 actions ont été identifiées pour atteindre cet objectif. Il s’agit essentiellement de pratiques permettant de récupérer la chaleur lors de la cuisson à haute température (1 450 °C environ pour les ciments traditionnels), mais aussi de techniques favorisant l’efficacité énergétique à tous les stades de la fabrication. Sans oublier les ciments de substitution capables d’absorber le carbone. Enfin, la dernière piste concerne le grand projet européen de captage de CO2 dans les industries européennes du ciment et de la chaux, le LEILAC**, un programme de recherche et d’innovation qui a débuté en 2016. Sa mission : faire de cette technologie une alternative industriellement viable et rentable d’ici à 2020.

ciment

© OEM Images
--
* Publication en ligne du 21 novembre 2016 dans la revue Nature Geoscience 2840
** Leilac = Low Emissions Intensity Lime and Cement