Le mercure a son expert

À travers sa filiale Sarp Industries (Sarpi), Veolia a mis au point depuis 2012 un ensemble de technologies permettant de recycler, neutraliser et éliminer le mercure, métal hautement toxique.

La Convention internationale de Minamata1, signée par la France en 2013, impose de réduire la production et l’utilisation du mercure, mais aussi de diminuer sa teneur dans les émissions dans l’air et les rejets dans l’eau et les sols. Il faut donc collecter et traiter ce mercure, issu de sources diffuses : amalgames dentaires, piles et lampes basse consommation…
Deux options de traitement existent à ce jour : la purification et la neutralisation. La purification s’effectue par des procédés classiques de distillation, dans des conditions d’étanchéité draconiennes pour éviter toute fuite. On atteint ainsi un mercure purifié à 99,9999 %, qui peut être réutilisé pour des applications industrielles. La neutralisation permet de transformer le mercure en sel de mercure, moins toxique que sa version métallique.

« Nous avons inventé et breveté un procédé de stabilisation du mercure, indique Thierry Gosset, directeur technique de Sarpi. En ajoutant des résidus soufrés au mercure liquide, nous obtenons du sulfure de mercure, semblable à ce que l’on trouve dans la roche naturelle. Il peut ensuite être stocké dans les mines de sel en Allemagne. »

En dépit de collectes de mieux en mieux organisées, des déchets banals contenant du mercure sont régulièrement incinérés. Du mercure se retrouve donc dans les fumées issues de leur combustion. « Ces émissions de mercure sont aujourd’hui mesurées quatre fois par an, mais la réglementation européenne imposera bientôt une mesure en continu, explique Thierry Gosset. On s’apercevra alors de l’existence d’émissions ponctuelles de mercure au-delà des limites. Nous avons donc mis au point un dispositif de traitement en continu du mercure dans les incinérateurs. » Son principe : dès que l’on mesure une augmentation du mercure dans les fumées, on injecte des produits chimiques à base de brome, qui oxydent le mercure. Ce mercure oxydé est alors capté par du charbon actif. Veolia applique aujourd’hui ce procédé à ses propres incinérateurs, et en démarre la commercialisation en Europe. 

1 http://www.mercuryconvention.org/Portals/11/documents/Booklets/1400281_F_WEB.pdf
 


1 960 tonnes* de mercure ont été émises en 2010 du fait des activités humaines, dont plus de 60 % sont dues à l’orpaillage et à la combustion de charbon (PNUE, Évaluation mondiale du mercure 2013).
5 microgrammes de mercure par kilogramme de poids corporel (ratio taille/poids d’un humain) : c’est la dose hebdomadaire tolérable provisoire fixée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) 

* Malgré l’amélioration des données disponibles sur le mercure, l’estimation des émissions est encore soumise à des incertitudes et va de 1010 à 4070 tonnes.
 


Sarpi, un savoir-faire unique au monde

La collecte des déchets de mercure s’effectue par apports volontaires des consommateurs européens de piles et de lampes et auprès des dentistes. Puis Veolia, à travers sa filiale Sarpi, traite ce mercure dans son usine de Wimmis (Suisse), dans le respect le plus strict des règles environnementales et de sécurité. Une partie du mercure traité est purifiée et réutilisée en industrie, l’autre partie est neutralisée et stockée dans des mines de sel sécurisées. Le mercure qui échappe à cette collecte et se retrouve dans les déchets peut également être traité : Sarpi le récupère au sein même des incinérateurs, grâce à une nouvelle technologie brevetée.
 

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