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22 janvier 2019

Égypte : Plus de 112 millions d’euros pour améliorer l’accès à l’eau potable

À Charm el-Cheikh, l’Égypte et le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe ont signé le 8 décembre deux accords majeurs pour un montant total de 2,2 milliards de livres égyptiennes (EGP), soit plus de 112 millions d’euros. L’enjeu : renforcer le système de gestion de l'eau grâce à une optimisation des ressources disponibles dans la péninsule du Sinaï.

Attachée à améliorer les conditionsde vie de la population du  Sinaï, l’Égypte s’engage à développer l’accès auxservices essentiels tels que leau potable. Le pays anticipe une éventuelle pénurie si aucun accord préalable n’est signé avec l'Éthiopie, laquelle commence à stocker de l'eau derrière son Ethiopian Renaissance Dam, plus grand barrage d'Afrique, sur le Nil bleu. Alors que l’ouvrage est déjà construit à 70 %, Le Caire craint que cette eau ne soit utilisée pour l’irrigation, avec pour conséquence la diminution de sondébit en aval, sans parler de l'évaporation. 
 
C’est pourquoi, en janvier 2018, le Président égyptien annonçait la mise en route du plus grand projet de traitement et de dessalement d’eau de l’histoire du pays. D’un coût global estimé à environ 70 milliards de livres égyptiennes, ce mégaprojet vise à assurer un approvisionnement permanent en eau potable à 94,8 millions d’Égyptiens. 
 
Un premier contrat de 880,5 millions de livres égyptiennes signé en décembre porte ainsi sur la construction de quatre usines de dessalement dans le gouvernorat du sud du Sinaï, pour une capacité de production totale de 56 000 m3/jour. Le second contrat, d’un montant de 1,4 milliard de livres égyptiennes, concerne la création d’un système de distribution d’eau à Bahr Al-Bakr. À la clé, une station de traitement d'une capacité de 5 millions de m3/jour, pour aider à la culture d'environ 330 000 feddans* à l'est du canal de Suez et de 70 000 feddans dans les régions orientales d'Al-Taina et de Qantara.
 
Ces contrats, assortis d’un projet de développement agricole intégré, devraient permettre « d’augmenter les volumes d'exportation et de réduire les importations, en plus de créer près de 40 000 emplois dans les secteurs de l'agriculture, de la transformation alimentaire et de la production animale », a souligné l’un des signataires, le ministre égyptien de l’Investissement et de la Coopération internationale.
 
Avec 1,8 milliard de mètres cubes d'eau traités par an, ces équipements sont une première réponse à la demande croissante en eau potable mais aussi à la volonté de réduire les pertes dans les réseaux d’eau et de protéger la santé publique.
 
*Mesure agraire de référence en Égypte. 1 feddan équivaut à60 m x 70 m, soit4 200 m²(ou 0,42 ha ou 1,038 acre)

 

© Khalil Hamra - AP - SIPA