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25 juillet 2019

Bio et…bee !

En France, une équipe de chercheurs du CNRS, de l’Inra et de l’université de La Rochelle* démontre pour la première fois que l’agriculture biologique profite aux colonies d’abeilles mellifères — productrices de miel —, en particulier pendant la période de disette alimentaire, à la fin du printemps.

Les abeilles ne sont pas seulement utiles aux humains en tant que productrices de miel, mais aussi en tant que pollinisatrices de fleurs sauvages et de cultures. Or, leur unique nourriture étant le nectar et le pollen, elles souffrent, dans les zones d’agriculture intensive, de la faible disponibilité en fleurs en mai et juin, entre les périodes de floraison du colza et du tournesol. C’est à cette époque de l’année que la collecte de pollen, la production de miel et la croissance des colonies diminuent.
 
L’étude montre que l'agriculture biologique peut atténuer les effets négatifs de l'agriculture intensive et augmenter la survie de ces pollinisateurs essentiels. Les parcelles cultivées en agriculture biologique offriraient en effet aux abeilles domestiques plus de ressources, notamment par la présence d'adventices**.
 
Grâce au dispositif Ecobee de suivi des colonies d'abeilles domestiques (Inra/CNRS)***, unique en Europe, les chercheurs ont trouvé jusqu'à 37 % de couvain****, 20 % d'abeilles adultes et 53 % de miel supplémentaires dans les colonies entourées de ces parcelles par rapport à celles des paysages agricoles conventionnels.
 
L’impact de parcelles en agriculture biologique n’est donc pas négligeable : l’augmentation de la production de couvain peut être due à une plus grande diversité de ressources en pollen et à une diminution de la mortalité imputable aux pesticides à l'échelle locale ; quant aux volumes de réserves en miel, ils pourraient résulter de la disponibilité accrue de fleurs mellifères à une plus grande échelle spatiale, qui correspond à celle où les abeilles cherchent des ressources (entre 1 et 3 km en zones de grandes cultures).
 
*Effects of organic farming on seasonal dynamics of honeybee colony performance. Wintermantel Dimitry, Odoux Jean-François, Chadœuf Jöel, Bretagnolle Vincent dans Journal of Applied Ecology le 26 juin 2019
**En agronomie, ce mot désigne une plante herbacée ou ligneuse qui se trouve dans un agroécosystème sans y avoir été intentionnellement installée. Elle correspond approximativement aux expressions courantes « mauvaises herbes » ou « herbes folles »
*** Il permet chaque année de mesurer l'effet des pratiques agricoles dans des conditions réelles sur 50 ruches expérimentales dans le Sud-ouest de la France
**** Le couvain est l'ensemble des œufs, larves et nymphes, protégés par les nourrices (ouvrières d'abeilles)

Source : https://waste-management-world.com/a/a-reporting-standard-that-responds-to-the-global-waste-crisis
 

© Christophe Majani D'Inguimbert / Photothèque Veolia