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10 septembre 2019

Qualité de l’air : après 40 ans d’efforts, le Royaume-Uni respire mieux… enfin !

Couplées aux avancées technologiques réalisées durant les dernières décennies, les mesures prises depuis les années 1970 pour améliorer la qualité de l’air au Royaume-Uni portent aujourd’hui leurs fruits.

Selon les conclusions d’une étude récente menée par le « Center for Ecology & Hydrology », la qualité de l’air au Royaume-Uni s’est significativement améliorée au cours des 40 dernières années. 

 

Qualifiée de « révolutionnaire » par ses auteurs, cette étude a permis de quantifier avec exactitude les niveaux d'émissions de différents polluants atmosphériques du royaume, entre 1970 et 2010. La modélisation très précise de leurs travaux* a mis en lumière sur cette période une forte baisse — entre 58 % et 93 %. — des émissions annuelles de PM2,5 (particules fines), d'oxydes d'azote (NOx), de dioxyde de soufre (SO2) et de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). 

 

Des résultats qui permettent de chiffrer la   baisse des taux de mortalité imputables aux polluants aggravant les risques de maladies respiratoires et cardiovasculaires : -56 % pour les PM2,5 et et -44 % pour le NO2(dioxyde d'azote). Après avoir augmenté entre 1970 et 1990, le taux de mortalité lié à la pollution par l'ozone troposphérique (O3) (atteinte des poumons) a ensuite chuté de 24 %. 

 

« Nos résultats démontrent l’efficacité d’une série de mesures prises au Royaume-Uni depuis 1970. Cette étude soutient les efforts fournis par les décideurs politiques pour mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’amélioration de la qualité de l'air. Des avancées technologiques telles que le catalyseur 3 voies pour les voitures, et les équipements destinés à réduire les émissions de soufre et de dioxyde d'azote des grandes centrales électriques ont pu être développées grâce à la législation », a notamment déclaré Edward Carnell, co-auteur des travaux.

 

Pour autant, l’étude pointe du doigt un polluant « oublié » des politiques de qualité de l’air : l’ammoniac (NH3). Libéré dans l'air lors de l’épandage de fumier, de lisier et d’engrais, il est non seulement une menace pour la santé humaine, mais il provoque également une perte de biodiversité. Et si ses émissions ont diminué de 17 % entre 1970 et 2010, elles ont de nouveau augmenté ces dernières années. Du coup, l’ammoniac fait désormais l’objet d’une stratégie nationale renforcée afin de  réduire de 16 % ses émissions d’ici à 2030 (par rapport à 2005).

 

 

*Ces recherches - qui portent sur une longue période - excluent les facteurs météorologiques de la modélisation : toute variation de la pollution atmosphérique peut ainsi être directement attribuée aux niveaux d'émission.

 

Sources : https://www.eurekalert.org/pub_releases/2019-06/cfe-sua062619.php

https://www.sciencedaily.com/releases/2019/06/190626124958.htm

© Médiathèque Veolia-Christophe majani d'Inguimbert