Brunswick

(Allemagne)

Interview avec Angel Andreu

Global key offer manager “ECO district heating & cooling networks”, Direction du Développement, de l’innovation et des marchés, Veolia

En quoi la récupération de chaleur fatale est-elle un axe de développement pour Veolia ?

Elle fait partie du bouquet d’énergies renouvelables du Groupe permettant de répondre aux enjeux de la transition énergétique et devient ainsi un élément naturel de sa stratégie d’économie circulaire. Sans oublier que son gisement est considérable.

Comment l’intégrez-vous dans vos offres commerciales ?

L'énergie résiduelle est un élément clé dans la fourniture de solutions énergétiques à nos clients municipaux et industriels. Entre autres critères, nous mettons aujourd'hui l'accent sur les réseaux de quartiers, de taille petite à moyenne, susceptibles d’utiliser cette énergie résiduelle locale. Travailler en étroite collaboration avec les équipes des Business Units de Veolia sur le terrain permet de réunir toute l'expertise requise et d’approfondir la connaissance du marché local. Ensemble, nous créons une offre sur mesure pour chaque client, tout en veillant à ce qu'elle soit duplicable à des cas identiques partout dans le monde et viable à long terme.

Quels sont les points communs et les différences entre clients industriels et municipaux ?

L'industrie recherche davantage la continuité du service et des prix, dans un contexte hautement concurrentiel, alors que les municipalités s’engagent dans l'économie circulaire et la résilience et sont plus attentives à la récupération de chaleur fatale pour alimenter un éco-quartier, par exemple. Quel que soit le client, nous proposons une offre extrêmement détaillée et adaptée au contexte local. C’est pourquoi nous ne promouvons pas nécessairement la même solution selon la zone géographique. Par exemple, la biomasse est en croissance en Chine, alors qu'en Europe du Sud et en Australie l'intérêt se porte sur la production de froid à partir de l’énergie issue du photovoltaïque.

L’offre de Veolia se concentre-t-elle sur les data centers ?

Veolia se positionne sur tous les projets de récupération de chaleur fatale, quel qu’en soit l'émetteur : data centers, mais aussi systèmes de refroidissement des hôpitaux ou des bureaux, unités de valorisation énergétique des déchets, réseaux d’assainissement… Avec une contrainte : utiliser la chaleur récupérée à proximité du point de production, d'où la nécessité de construire un réseau local.

Quel est le bénéfice pour Veolia de répondre aux grands appels d’offres « énergie », comme celui de l’Union européenne ?

Le projet Horizon 2020 de l’UE nous offre l’opportunité de mettre au point des pilotes afin de tester différentes solutions technologiques en matière de récupération de chaleur. C’est le cas à Brunswick, mais aussi dans d’autres pays européens et sur d’autres énergies comme le solaire. Aujourd’hui, le Groupe gère plus de 570 réseaux de chaleur et de froid à travers le monde, ce qui lui confère une vaste expertise en la matière ainsi que dans l’application des systèmes de régénération d’énergie.

Le marché mondial est-il porteur pour cette énergie ?

Tout dépend bien sûr des différents contextes nationaux et surtout des politiques énergétiques en place. Que le client soit public ou privé, Veolia doit s’adapter à ce contexte et au niveau de développement et de promotion de telle ou telle énergie. Sachant que nous devons fournir une solution incluant le maximum d’énergie renouvelable. Aujourd'hui, nous voyons les pays d'Europe occidentale et la Chine passer du charbon à la biomasse, l'Europe centrale et l'Europe du Sud se concentrer sur la récupération de la chaleur résiduelle tandis que les fermes solaires se développent en Amérique et au Moyen-Orient.

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