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30 janvier 2020

Biojet, un carburant vert pour avions de ligne

Le carburant écologique pour avion, ou SAF (Sustainable Aviation fuel), conçu par les ingénieurs de l’entreprise Air BP (filiale de BP) dès 2010, démarre sa commercialisation. Baptisé Biojet, il réduirait de 46 % l’empreinte carbone de chaque vol, comparé à celui effectué avec un carburant fossile traditionnel (basé sur le Kérosène). Une réponse aux objectifs de l’aviation civile : atteindre une croissance du transport aérien neutre en carbone dès 2020*.

Le carburant SAF d’Air BP, appelé Biojet, est majoritairement composé d’huiles de cuisine usagées.  Demain, il intégrera dans sa composition de nombreuses autres sources de déchets, depuis les biodéchets tels que les rémanents forestiers jusqu’aux déchets alimentaires, en passant par les solides comme les textiles et plastiques provenant des ménages et des industriels. Une alternative à l’élimination par incinération. 

 

Un partenariat stratégique doté d’un investissement de 30 millions de dollars US avait été noué en 2O16 entre Air BP** et Fulcrum BioEnergy : il permettait d’assurer le premier développement commercial du « SAF », après sa mise au point technique, finalisée dès 2010. Depuis, Fulcrum BioEnergy envisage de produire 190 millions de litres par an (50 millions de gallons (US). En 2018, Air BP a signé un accord avec le finlandais  Neste, producteur de diesel bas carbone à partir d’huiles végétales usagées (hors huile de palme) et autres biodéchets, afin de compléter sa chaîne d’approvisionnement à travers le monde. 

 

« Le ”SAF”,  associé à un carburant fossile en mélange jusqu’à 50 %, possède alors les mêmes propriétés énergétiques qu’un carburant composé exclusivement de combustibles fossiles », souligne Tom Parsons, responsable du développement commercial du « SAF » chez Air BP. Le SAF, aujourd’hui certifié ***, alimente désormais les avions des lignes intérieures de la compagnie suédoise Braathens Regional Airlines ou encore celles de Delta Airlines et ceux de l’avionneur européen Airbus aux USA. 

 

« L’assurance d’une disponibilité permanente de la matière première, qui demande encore des innovations logistiques, et la nécessité d’investir dans les nouvelles technologies pour que le « SAF » soit encore plus performant, rendent le coût de ce carburant plus onéreux qu’un combustible classique »,  reconnaît Tom Parsons. Mais à court terme, la demande croissante de nos clients pour un carburant écologique devrait nous amener à augmenter notre production. Ce qui, j’en suis convaincu, nous permettra bientôt d’être compétitifs sur le marché des carburants pour l’aviation. »

 

L’enjeu du développement de ce type de combustible est d’importance : selon l’association internationale du transport aérien, l’ensemble des vols commerciaux ont émis 918 millions de tonnes de COen 2018 (soit 2,8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de la planète). De même, elle prévoit une explosion du trafic : le nombre des passagers devraient bondir de 4,3 milliards (en 2018) à 8,2 milliards en 2038, et le parc des avions doubler, de 24 000 à 48 000****.

 

 

Publication annuelle de l’Association internationale du transport aérien (International Air Transport Association,) Annual Review. p.39.

** Air BP est la division internationale du groupe BP, spécialisée dans la distribution des carburants aéronautiques. Air BP est présent dans près de 50 pays.

***Le SAF, une fois mélangé au carburant fossile, est conforme aux caractéristiques physiques des carburants actuellement sur le marché pour les avions (Jet A et Jet A-1). Il est ainsi requalifié à la norme internationale par l’organisme internationale de normalisation A.S.T.M. D.1655 (ASTM pour American Society for Testing and Materials

**** source : Pollution : les avions ont laissé 918 millions de tonnes de CO2dans le ciel en 2018, Le Monde, 20 sept. 2019.

 

© Leonid Faerberg  - SOPA Images - SIPA