Lumberton

Lumberton (Etats-Unis)

Du poulet à l’ampoule… et si nos volailles produisaient de l’énergie ?

En Caroline du Nord, les déjections de poulets, traditionnellement réutilisées comme fertilisants, sont devenues très abondantes. D’où l’idée d’en faire aussi une source d’énergie verte !

Enjeu

Traiter et valoriser les déjections de poulets devenues très abondantes en Caroline du Nord.

Objectif

Transformer la litière avicole en électricité.

La réponse Veolia

Améliorer le taux de valorisation de la litière avicole pour faire d’une centrale biomasse de Caroline du Nord un modèle du genre..


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Mathew Ware, vice-président des Opérations (secteur Énergie) de Veolia en Amérique du Nord

MWare

Comment Veolia développe la biomasse en Amérique du Nord

« La production d’énergie à partir de déchets avicoles est un marché relativement nouveau en Caroline du Nord. Mais le contexte commercial et réglementaire favorable et la quantité de biomasse disponible en font un marché prometteur. Veolia travaille actuellement avec Georgia Renewable Power pour construire deux usines de 65 MW au nord de la Géorgie. Aux États-Unis, les initiatives visant à abandonner les énergies fossiles au profit d’énergies renouvelables se multiplient. En résulte une montée en puissance des technologies éolienne et solaire, mais aussi de la biomasse qui a également un rôle important à jouer. D’autres technologies se développent comme la digestion anaérobie. Elle consiste à valoriser des sources biologiques comme les déchets alimentaires ou les boues des stations d’épuration en méthane – gaz naturel . Veolia en Amérique du Nord est de plus en plus engagé dans ce domaine. »

L’agriculture est la première activité économique de la Caroline du Nord. Selon le ministère de l’Agriculture et des Services aux consommateurs de l’État, elle rapporterait chaque année 84 milliards de dollars. En 2017, la Caroline du Nord est même devenue le premier producteur de volailles et d’oeufs des États-Unis, représentant 4,8 milliards de dollars de revenus. Cependant, les volailles génèrent d’importantes quantités de litière.

Mat Ware, vice-président des Opérations (secteur Énergie) de Veolia en Amérique du Nord, explique qu’à l’époque où les fermes avicoles étaient encore rares, on pouvait utiliser toute la litière usagée comme engrais pour les sols. Mais aujourd’hui, les poulaillers sont si nombreux que les terres agricoles ne suffisent pas à absorber les déjections. »

Les professionnels s’inquiètent aussi des conséquences d’un épandage de ces déchets en trop grandes quantités, notamment en termes de pollution pour les rivières, les lacs et les réserves d’eau souterraine de la région.

La biomasse comme solution

Dès 2007, la North Carolina Utilities Commission a décidé de développer la production d’énergie à partir de ces déchets, et exigé qu’un certain pourcentage de l’énergie vendue par les services publics locaux provienne de déchets avicoles. Plusieurs usines de production d’électricité à partir de litière avicole sont alors créées, telles que celle de Lumberton. L’ancienne centrale à charbon convertie par Georgia Renewable Power (GRP) en unité biomasse traite les déchets avicoles et en valorise une partie en énergie, en les mélangeant à des copeaux de bois.

Depuis mai 2017, Veolia exploite et gère le site de Lumberton pour le compte de GRP, fournissant de l’électricité au réseau de la Duke Energy. Si, auparavant, l’usine ne traitait qu’environ 10 % des déchets avicoles – le reste de l’énergie provenant de la valorisation de copeaux de bois –, Veolia a réussi à porter la part de déchets avicoles valorisés à plus de 30 %.

« Nous avons travaillé d’arrache-pied pour optimiser l’efficacité de l’usine, indique Mat Ware. Les propriétaires envisagent de remplacer les chaudières, ce qui nous permettrait d’atteindre les 100 % de déchets avicoles valorisés. »

Aujourd’hui, l’usine traite chaque année jusqu’à 285 000 tonnes de déchets avicoles et produit 25 mégawatts d’énergie par heure.

Une énergie durable

Une clause contractuelle assortie d’une incitation financière encourage l’installation à valoriser la plus grande quantité possible de déchets avicoles. Un défi avantageux à plus d’un titre : tout d’abord, les cendres de l’usine, qui contiennent encore les éléments nutritifs issus de la décomposition des litières, peuvent être utilisées soit comme engrais vert soit pour la régénération des sols. Ensuite, la chaleur dégagée par le processus de valorisation est utilisée pour sécher des copeaux de bois destinés à l’exportation et qui alimentent des centrales biomasse au Royaume-Uni et dans toute l’Europe ainsi qu’en Asie.

Au Maroc, la 1re usine automobile au monde neutre en carbone grâce aux noyaux d’olives

Loin des États-Unis, d’autres pays utilisent des combustibles biomasse originaux comme source d’énergie. Au Maroc, par exemple, Veolia s’est associé au constructeur automobile Renault sur son site Dacia à Tanger. Tariq Bensaid, directeur des Opérations de Veolia Industries au Maroc, explique comment des résidus d’olives sont utilisés dans le processus de fabrication des voitures.

 

« Le Maroc est le quatrième producteur mondial d’olives. Nous disposons donc d’une grande quantité de noyaux et de pulpe d’olives provenant des oliveraies et des huileries. À l’usine de Tanger, nous alimentons nos chaudières biomasse avec un mélange composé de 80 % de résidus d’olives et de 20 % de palettes de bois broyées. Au total, 23 000 tonnes de résidus d’olives sont traitées chaque année par ces chaudières biomasse afin de produire de la chaleur. Nous avons deux chaudières d’une capacité de 6 MW qui produisent de l’eau chaude à 90 °C, et une chaudière de 6,5 MW pour la production d’une eau surchauffée à 220 °C à une pression de 36 bars. Cette chaleur fournit l’eau chaude nécessaire aux processus de fabrication. L’énergie thermique supplémentaire est utilisée dans d’autres processus, comme le fonctionnement des fours destinés à sécher la peinture des voitures. Cette démarche a permis à l’usine d’obtenir le label écologique de l’Union européenne pour ses méthodes de production durables.

 

« Ces copeaux ont généralement un taux d’humidité de 30 %, ajoute Mat Ware. En les séchant pour abaisser ce taux à 6 ou 7 %, on obtient un meilleur combustible tout en réduisant le volume d’eau à transporter. »

Pour Georgia Renewable Power, le partenariat avec Veolia s’est révélé fructueux, comme l’explique Ciaran McManus, responsable des Actifs et des Opérations de GRP : « Nous sommes ravis du partenariat avec Veolia sur ce projet pionnier. Très complexe, la combustion des déjections de poulet utilisées comme carburant a mis à rude épreuve l’expertise et les compétences des deux entreprises. La réussite de ce projet a nécessité un véritable travail collaboratif. »

Grâce à l’engagement de Veolia et au choix visionnaire qu’a fait GRP en transformant l’usine, la Caroline du Nord a trouvé une double réponse à son problème : traiter et valoriser les déjections des poulets, mais aussi produire de l’électricité renouvelable pour les particuliers et l’industrie. Un effort collectif pour une solution bénéfique à tous.

Chiffres clés

• 285 000 tonnes de déchets avicoles traitées chaque année en Caroline du Nord
• 25 MW d’énergie produits par heure, de quoi alimenter environ 18 750 foyers de la région
• 23 000 tonnes de résidus d’olives valorisées à Tanger
• 76 GWh de chaleur produite entrant dans la fabrication des voitures de l’usine marocaine de Renault

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