Le Danemark vote la fin de l’exploration de pétrole et de gaz en mer du Nord

exploration de pétrole et de gaz en mer du Nord

 

Le Danemark va mettre fin à toute nouvelle exploration pétrolière et gazière dans ses eaux territoriales de la mer du Nord. Cette décision a été prise dans le cadre d’un plan qui vise à supprimer l’extraction de combustibles fossiles d’ici à 2050.

Près d’un demi-siècle après le début de la production de pétrole et de gaz, le Parlement danois a voté l’annulation de sa dernière série de licences, ainsi que de tous les futurs appels d’offres qui octroient aux entreprises le droit d’explorer et de produire des énergies fossiles. 

Le Danemark veut ainsi apparaître comme un leader mondial de la diplomatie climatique. Il a déjà annoncé des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre parmi les plus ambitieux du monde : 70 % d’ici à 2030, et émissions nulles d’ici à 2050.

Aujourd’hui, 55 plateformes de forage sur le plateau continental danois en mer du Nord couvrent les 20 champs de pétrole et de gaz. Elles se répartissent entre plusieurs producteurs internationaux : le français Total, qui exploite 15 de ces champs mais va retirer sa candidature pour le dernier cycle d’octroi de licences, l’anglais Ineos, l’américain Hess et l’allemand Wintershall. 

Avec 103 000 barils de pétrole et 3,2 milliards de mètres cubes de gaz produits en 2019, le Danemark est un petit producteur comparé à ses voisins, Royaume-Uni et Norvège, mais reste le plus grand de l’Union européenne. La production de pétrole et de gaz devrait cependant continuer d’augmenter au cours de la prochaine décennie, avant de culminer autour de 2030. 

Une manne pour l’État providence danois

Depuis les premières extractions en 1972, les recettes fiscales qui en ont résulté ont largement soutenu l’État providence danois pendant plusieurs décennies. L’arrêt de toute production devrait les réduire de 13 milliards de couronnes danoises (1,75 milliard d’euros). 

En plus de la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de deux tiers par rapport à 1990 (20 millions de tonnes d’équivalent CO2 en moins), le Danemark s’est engagé à investir 1,3 milliard d’euros dans de nouvelles initiatives climatiques. 

Pionnier des énergies renouvelables, il a aménagé le premier parc éolien offshore du monde en 1991. Depuis le début du siècle, il est devenu un leader mondial du secteur, avec deux des plus grands acteurs mondiaux de l’éolien : l’énergéticien Orsted et le fabricant de turbines Vestas.

SOURCE :

« Denmark to end all new North Sea oil and gas exploration », Financial Times, 4 décembre 2020 - www.ft.com/content/981bef4d-3338-44cb-824d-39e953b287f7