Return to my selection
3 janvier 2017

De plus en plus de méthane dans l’atmosphère

Deux articles scientifiques soulignent une brusque augmentation de la concentration de méthane dans l’atmosphère. Les origines des émissions de ce gaz sont encore mal connues, ce qui ne permet pas d’identifier précisément les causes de cette hausse subite. Pourtant des réponses existent pour faire baisser rapidement ces concentrations.

Méthane
© Photothèque Veolia - Nicolas Vercelino

 

Le rapport du Global Carbon Project*, publié ce 12 décembre, indique que les concentrations de méthane dans l’atmosphère sont reparties à la hausse depuis 2007, après une stabilisation  au début des années 2000. Le rapport rappelle qu’en 2012, les concentrations en méthane atteignaient 1 810 ppb (parties par milliards), soit deux fois et demie plus qu’en 1750, année de référence marquant le début de l’ère industrielle.
 
Marielle Saunois, enseignante-chercheuse en physique-chimie de l’atmosphère au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), co-autrice du rapport, déclare** « que la situation a empiré ces deux dernières années : d’après les réseaux internationaux qui le mesurent en continu dans toutes les régions du globe, les concentrations de méthane dans l’atmosphère ont augmenté en 2015 pour atteindre 1834 ppb***, soit une hausse de 10 ppb par rapport à 2014. Pour le moment, poursuit-elle, on explique très mal cette brusque augmentation. (…) L’agriculture et le traitement des déchets représentent environ 60 % des émissions liées aux activités humaines.»
 
Pourtant des réponses existent pour réduire rapidement ces émissions, grâce à la durée de vie limitée du méthane dans l’atmosphère : « seulement » de 9 à 10 ans, quand le CO2 se maintient durant un siècle. Marielle Saunois précise : « si l’on veut que les concentrations baissent, il va falloir identifier toutes les sources d’émission et agir sur l’ensemble des secteurs émetteurs à la fois (…). » Le rapport évoque diverses solutions, comme la récupération du méthane issu de la fermentation des déchets pour alimenter les réseaux de chauffage d’une ville : cela permet à la fois de valoriser les déchets et de réduire les émissions de méthane dans l’atmosphère. 

--
 * Le Global Carbon Project est un projet scientifique international collaboratif dont l’objectif est de comprendre le cycle du carbone.
** Journal du Centre national de la recherche scientifique français (CNRS),  article en ligne du 12 décembre : « Le méthane en augmentation dans l’atmosphère » , Laure Cailloce.
*** Chiffres publiés dans la revue Environmental Resarch Letters, qui publie également un article le 12 décembre « The Growing Role of Methane in Anthropogenic Climate Change ». © 2016 IOP Publishing Ltd.