Déplacer des montagnes... de déchets médicaux infectieux en Chine

En ce 23 janvier 2020, le monde n’a pas encore basculé dans le scénario catastrophe de la Covid-19. Mais en Chine, le virus fait déjà des ravages. Nous sommes à la veille du Nouvel An lunaire, théâtre chaque année d’une immense migration de populations. Pour stopper la diffusion du virus, plusieurs localités sont mises en quarantaine. Dans la province de Zhejiang, les autorités locales mandatent le centre de traitement des déchets dangereux de Lijia à Hangzhou, exploité par Veolia, pour gérer la montagne de déchets médicaux infectieux provenant de plusieurs hotspots de coronavirus.
L'essentiel
Enjeu
Gérer des déchets dangereux en Chine dans un contexte de crise sanitaire sans précédent ni protocole, doublé d’une pénurie de personnel dans de nombreux sites de traitement des déchets pour cause de Nouvel An chinois.
Objectif
Protéger la santé de la population et faire la preuve des capacités de pilotage et d’adaptabilité de Veolia en prenant en charge – dans des délais toujours plus contraints – la gestion d’un volume hors normes de déchets dangereux.
La réponse Veolia
La mise en place d'un service 24h/24, 7j/7 et la montée en compétence afin d'établir une distinction claire entre déchets médicaux et non médicaux, et de traiter efficacement des volumes ayant presque doublé.
Published in the dossier of décembre 2020

Janvier 2020 : derniers jours sereins sur la planète. La Covid-19 ne fait pas encore les gros titres de la presse internationale. Seule une poignée de cas s'était propagée au reste du monde. Hormis la Chine continentale, Hong Kong est l'une des premières régions touchées mais adopte d'emblée des mesures drastiques suivies à la lettre par la population, tant l'expérience du SRAS FOCUS en 2002-2003 reste un traumatisme.

Côté Chine continentale, l'histoire est toute autre. Les autorités se battent déjà bec et ongles pour contenir ce nouveau virus très contagieux. La ville de Wuhan, épicentre de la pandémie avec ses 11 millions d'âmes, est en confinement total depuis le 23 janvier.
À quelque 350 km de là, nichée dans le cadre enchanteur du lac de l'Ouest, à Hangzhou, l'une des plus importantes installations de traitement des déchets dangereux de la côte Est, se prépare à engager un pari à haut risque.

Gestion des déchets : quand la pandémie frappe en plein pic

« Le Nouvel An lunaire, plus importante migration humaine de l’année en Chine, est en temps normal une période tendue pour le secteur des déchets », explique Dai Bing, directeur du site Veolia de traitement des déchets dangereux de Lijia, à Hangzhou.

Des millions d'entreprises – de l'échoppe familiale à la multinationale de la tech – en profitent pour organiser un grand nettoyage annuel. C'est aussi le moment que choisissent de nombreux sites de traitement des déchets pour fermer. Un enchaînement de circonstances qui, en ce mois de janvier, va provoquer un pic exceptionnel de production de déchets avant les vacances. Dans cette effervescence, la joint-venture internationale Lijia a elle pris l'habitude de maintenir sa pleine capacité de production pour ceux de ses clients industriels qui ne peuvent se permettre de fermer pendant cette quinzaine de festivités. Aussi, quand la Covid-19 frappe le cœur de la Chine, l'usine est l'une des rares de la région à fonctionner à plein régime.

Usine Lijia à Hangzhou

 

Passer en mode économie circulaire : nouveau contrat de confiance

Alors que le recyclage est loin d'être la préoccupation première en cette période de crise, l'adoption des principes d'économie circulaire de Veolia – faire des déchets une ressource –, offre à Lijia un cadre solide pour gérer la crise. L’usine devient vite un chef de file dans la province, fournissant aux autorités locales des recommandations pratiques, notamment en termes de déplacements, transports, livraisons, suivis et déclarations de ces nouveaux flux de déchets. Elle parvient ainsi à apaiser les craintes du gouvernement de voir des flux de déchets contaminés se mêler à ceux des ménages. C’est donc dans une relation professionnelle de confiance que Lijia gère cette opération, rapidement agrégée aux politiques publiques. À tel point que le département en charge de la coordination de l'urgence à Zhejiang s'inspire de ces protocoles de gestion de sites de traitement de déchets lorsque l'État et ses services déconcentrés s'efforcent de faire face à la situation.

Sur le terrain, Veolia met l’accent sur une culture exemplaire de la prévention des risques. Un choix payant qui lui permet de poursuivre ses activités dans des conditions optimales, mais également dans un climat serein, sans peur ni panique. Tandis que la pénurie d’équipements de protection individuelle (EPI) guette le monde entier, nulle crainte de rupture de stock sur le site de Hangzhou. Le résultat d’une gestion prudente et rationnelle… et d’un appui des équipes internationales de Veolia.

Après avoir instauré un contrôle de l'utilisation des EPI, l’usine délimite les zones dangereuses et adjoint à chacune un nouveau protocole. Au final, l'usage approprié des EPI réduit les risques opérationnels tout en préservant les stocks critiques. Et permet même à Lijia d'approvisionner quelques agences gouvernementales…

En première ligne

Quelques jours après le début de son mandat, Lijia opère déjà le double de son volume de déchets habituel. Dans le même temps, elle doit doubler sa charge de travail de prétraitement et repenser ses méthodes d'incinération pour répondre aux injonctions de l'État qui réduit de 48 heures à 24 heures le délai moyen de traitement des déchets de soins infectieux.

« Face à cette activité explosant tous les scores, la direction du site est montée en première ligne pour garantir et sécuriser le travail mais aussi pour regonfler le moral et la confiance des troupes », confie Dai Bing.

Aux yeux des clients comme du gouvernement, la solution de Veolia est une parfaite démonstration de la souplesse et de l'expertise requises pour adapter le traitement des volumes de déchets en temps de crise. Le management, la formation et le savoir-faire technique de l'entreprise ont ainsi joué un rôle clé dans le déploiement des nouvelles capacités de production. Du Nouvel An à début septembre 2020, le site a ainsi réceptionné et éliminé près de 2 000 tonnes de déchets provenant du Centre d'observation médicale de Hangzhou et des zones de quarantaine de la province, en plus de son activité habituelle de haute saison. Pour Dai Bing, une telle somme d’efforts témoigne du professionnalisme des équipes, et de l'efficacité opérationnelle de l'usine.
Pour autant, une telle charge est-elle tenable sur la durée ? Assurément selon lui. L'usine a changé de rythme en douceur et dans une maîtrise totale des opérations, contournant l'écueil des décisions hâtives et précipitées qui laissent souvent les salariés et toutes les ressources d’un site complètement épuisés.

« Nous savons maintenant que ce mode de fonctionnement est viable, soutient Dai Bing. Notre site étant sous accord de franchise, les volumes de déchets à traiter sont fixés à l’avance par l'État et nos clients. Mais désormais, nous savons que nous pouvons dépasser les limites si besoin ! »

Chiffres clés

Nouveaux flux de déchets médicaux prévus en Chine en 2020 : 179 000 tonnes
Pourcentage habituel de salariés en congé pendant le Nouvel An chinois : 40 %
Déchets éliminés du Centre d'observation médical de Hangzhou et des zones de quarantaine et traités par Lijia de janvier à septembre 2020 : 1 937 tonnes
Capacité de l'usine pendant la période de pointe de la Covid-19 : 145 %


Déchets médicaux ou ménagers ? L'expertise de Veolia clôt le débat

Déchets dangereux

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, Veolia apporte son soutien logistique et stratégique de gestionnaire de déchets d'activités de soins à risques infectieux à ses clients du secteur de la santé et aux pouvoirs publics. C'est le cas notamment chez Veolia en Australie et Nouvelle Zélande où Tim Lee, directeur marketing et commercial du pôle Health Industrials, est aussi président de Biohazard Waste Industry, un groupe d'experts, qui, selon lui, est chargé de fournir des recommandations pragmatiques et argumentées au gouvernement, à l'industrie et aux personnels de santé en première ligne.

Au premier stade de la pandémie, dans l'État de Victoria ou encore dans le Sud de l'Australie, la définition des différents flux de déchets Covid-19 se révèle complexe, certains sites les acceptant et d'autres pas.

« Nous avons trouvé le moyen d'aider les opérateurs et nos clients à harmoniser les définitions et à rationaliser les processus de gestion des déchets biologiques dangereux liés à la Covid-19, explique Tim Lee.
L'objectif, poursuit-il, était de mettre en place des mesures pratiques et faciles à adopter pour que les personnels en première ligne se sentent protégés et que les déchets Covid-19 soient correctement classés selon leur degré de dangerosité. »

Ainsi, les équipements de protection individuelle (EPI) les plus volumineux – principalement les masques et blouses – posent un gros problème aux broyeurs de déchets médicaux.

« Soucieux de la sécurité de nos clients et de la communauté, nous avons éliminé toute mise en décharge de déchets non traités et avons donc demandé de nouvelles licences de stockage pour faire face à la demande accrue et aux délais de traitement plus lents », indique Tim Lee.

En reconnaissance de sa proximité avec ses clients et de son soutien à ses partenaires industriels, Veolia a reçu le prix Above and Beyond décerné par Santé Publique Australie du Sud le 12 novembre dernier.

Évoquant les premières semaines de la pandémie, Tim Lee conclut: « Confrontés à ce territoire inconnu, nous avons adopté une approche fondée sur des preuves, proposant des solutions RH flexibles et collaborant étroitement avec nos clients pour leur offrir des solutions de traitement et de valorisation à la fois sûres, durables et rentables. »


L'agilité, l'atout maître pour s'imposer dans le créneau du bionettoyage

La vision hollywoodienne d'agents vêtus de combinaisons blanches protégeant des risques biologiques, en train de pulvériser des produits dans des supermarchés ou aux arrêts de bus, aurait déclenché une panique générale dans les années pré-Covid-19. Pourtant, ces équipes de nettoyage sont désormais monnaie courante dans les magasins et bureaux du monde entier.
Alors que les entreprises cherchent par tous les moyens à réduire les risques de la Covid-19 dans leurs locaux, la désinfection des surfaces et des espaces potentiellement contaminés apparaît comme une défense de première ligne : efficace, visible et même rassurante pour les résidents et les salariés.

La filiale française de Veolia, STPI, s'est rapidement réorganisée pour former ses équipes aux techniques de bionettoyage des sols et des surfaces des entreprises, suivant en cela les consignes du Haut Conseil de la santé publique et du ministère de la Santé et des Solidarités. Grâce à l'expertise acquise, le Groupe a mis au point une offre commerciale destinée aux installations « ordinaires » : désinfection des espaces intérieurs, traitement des zones extérieures prioritaires, sécurisation des systèmes d'aération, rinçage et désinfection des réseaux d’eau. Parmi les premiers clients de cette offre, le géant de la défense française Naval Group. Dès les premiers jours de la pandémie en France, l'équipe STPI est entrée en action. Le siège à Paris a fait l'objet d’un bionettoyage approfondi, tout comme les sites stratégiques de Brest, l’Île Longue, Indret, Ruelle, Bagneux, Toulon et Saint-Tropez gérés par Défense Environnement Services (DES), une joint-venture entre Veolia et Naval Group. Les vestiaires de Toulon étaient jusque-là régulièrement désinfectés par SARP, autre filiale de Veolia, en tant que sous-traitant de DES. Autres avantages de cette nouvelle offre pour Naval Group : le bionettoyage en profondeur des bouches d’aération des systèmes d'air conditionné augmente leur efficacité énergétique et réduit les coûts de consommation.