Dépolluer des friches industrielles hautement convoitées

(France)

Dépolluer des friches industrielles hautement convoitées

Contraints par une pression foncière de plus en plus forte dans les agglomérations, collectivités territoriales, industriels et promoteurs s’intéressent de près à de nombreux sites pollués aux abords des villes. Néanmoins, avant de pouvoir lancer des projets d’aménagement sur ces anciennes friches, les terrains doivent être dépollués au préalable. À travers ses filiales GRS Valtech et EOD-EX, l’entité de Veolia, SARPI, réunit un large savoir-faire dans ce domaine. Une expertise qui lui permet aussi de travailler dans des délais très contraints.

Enjeu

Répondre à la densification des villes et éviter l’étalement urbain.

Objectif

Libérer du foncier dans les villes en sécurisant et réhabilitant les anciennes friches industrielles.

La réponse Veolia

Traiter des pollutions extrêmes d’une part, appréhender, gérer et neutraliser le risque explosif d’autre part.

La France compte 400 000 sites pollués à l’abandon. Soit des centaines d’hectares à traiter et restaurer avant de pouvoir y aménager des équipements publics, y implanter des industries légères, y construire des logements voire, y développer une activité agricole urbaine. Ce gisement foncier constitue une réponse à la problématique de l’étalement urbain. Toutefois, la dépollution des sols est un préalable indispensable pour permettre aux futurs usagers de travailler et de vivre dans un environnement sain.


Dépollution pyrotechnique

Dépollution pyrotechnique

de l’ancienne base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge.


GRS Valtech a réalisé la dépollution,

GRS Valtech a réalisé la dépollution,

à Saint-Ouen (France), d’un terrain prévu pour y installer le site de maintenance et de remisage des rames de la ligne 14 du métro francilien.

Traquer et traiter les explosifs, où qu’ils soient

EOD-EX a été créé en 2006 par SARPI, la branche « gestion des déchets dangereux » de Veolia, et le groupe SNPE (leader dans la conception et la fabrication d’objets et de substances pyrotechniques). En 2011, l’entreprise devient filiale à 100 % de SARPI, venant ainsi étoffer l’offre de Veolia en matière de gestion globale du risque explosif. EOD-EX déploie quatre activités : le diagnostic géophysique, le démantèlement d’industries pyrotechniques, le déminage terrestre et le déminage sous-marin. Pour réaliser ces missions, l’entreprise compte 45 experts hautement qualifiés. Parmi eux, d’anciens démineurs de l’armée ou encore des ingénieurs en géophysique appliquée. Les demandes viennent essentiellement du ministère de la Défense et d’industriels qui souhaitent vendre des terrains. Pour réaliser un diagnostic géophysique, EOD-EX utilise plusieurs sources. Les experts étudient par exemple les plans de vol des avions de guerre et les photos prises avant et après les bombardements. Pour la détection sur site, les techniques évoluent constamment avec la mise en place de matériels permettant une discrimination plus précise des anomalies magnétiques détectées. L’utilisation de drones a notamment permis d’améliorer de façon significative les opérations de cartographie. Une fois les éléments détectés, ils sont excavés et traités sur place ou dans des centres spécifiques. Les ouvriers du BTP peuvent alors travailler dans des conditions de sécurité optimales.

Gérer des pollutions complexes et sensibles

« Sarp Industries, l’entité de Veolia dédiée au traitement et à la valorisation des déchets dangereux en Europe, est présente sur ce marché à travers ses filiales GRS Valtech et EOD-EX », explique Cédric L’Elechat, son directeur général. « GRS Valtech, créée en 1990, intervient dans la dépollution des sols et des effluents liquides et gazeux, poursuit-il, tandis qu’EOD-EX est un acteur majeur de la dépollution pyrotechnique1 des sols. »

L’approche intégrée, couplée à une expertise pointue, permet à ces deux entreprises de faire preuve de réactivité, d’efficacité et d’adaptabilité dans des chantiers souvent contraints. Par exemple, GRS Valtech a réalisé la dépollution, à Saint-Ouen (France), d’un terrain prévu pour y installer le site de maintenance et de remisage des rames de la ligne 14 du métro francilien.

« Nous avons débuté en octobre 2014 et les travaux doivent s’achever fin 2019, explique Pascal Escoubas, directeur général de GRS Valtech et EOD-EX. Dans ce cadre, nous avons excavé puis traité en filière agréée plus de 350 000 tonnes de terres et de boues en tenant une cadence moyenne d’évacuation de 1 500 à 2 400 tonnes par jour. »

Plus de 50 000 tonnes de matériaux ont été transportées par voie fluviale afin de limiter les camions dans le secteur de la banlieue nord de Paris, où le trafic routier est déjà très dense.

« Notre planning a été fréquemment modifié, car nous avons dû nous adapter aux aléas de l’avancement des opérations de terrassement et de génie civil. Compte tenu de cette contrainte et des volumes en jeu, nous avons préparé l’évacuation des terres et des boues très en amont. Aussi, les volumes ont été découpés en différents lots en fonction de leur qualité, ce qui a permis d’optimiser les coûts de gestion et de contractualiser avec différentes filières », détaille encore Pascal Escoubas.

Outre l’évacuation des terres et des boues, GRS Valtech a également pompé et traité sur place plus de 730 000 m3 d’eau de nappe phréatique.

Déminer des sites explosifs

Pour la filiale EOD-EX, qui intervient en France et en Europe, la dépollution pyrotechnique terrestre est l’action la plus demandée, essentiellement par le ministère de la Défense et les industriels. L’objectif : assurer aux entreprises du BTP une sécurité maximale lors de leurs interventions. Ainsi, en région parisienne, EOD-EX a remporté en 2017 le marché de diagnostic et de dépollution pyrotechnique de l’ancienne base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge. Ici, la Seconde Guerre mondiale a laissé des traces. Pendant l’Occupation, la base a été fortement bombardée par les Alliés. Après un sondage des 300 hectares à la recherche de grenades ou de bombes datant de cette époque, les équipes d’EOD-EX ont réalisé le diagnostic géophysique et la dépollution de 120 hectares sur une profondeur de six mètres. Les spécialistes fonctionnent à l’aide de radars. Une fois qu’ils obtiennent un écho, ils fouillent pour connaître la nature de « l’objet » détecté. Ainsi, deux bombes de 50 kg, encore intactes, ont été retrouvées, l’une enfouie à 70 cm de profondeur, l’autre à 2,5 m. Elles ont été recouvertes par 200 tonnes de sable et ceinturées par une tranchée, afin de limiter l’effet de propagation. Puis, des charges ont été placées pour les faire exploser. Au total, ce chantier a occasionné la mise au jour de plus de 15 000 « cibles », dont une quarantaine encore actives.

Chiffres clés

750 M€, estimation du marché de la dépollution des sols en France
Près de 200 chantiers réalisés par GRS Valtech en 2018, environ 500 000 tonnes de terres et 2 millions de m3 d’effluents liquides traités
45 millions de tonnes de terre à excaver pour les chantiers du Grand Paris Express, dont 10 % seraient pollués
Plus de 300 chantiers réalisés par EOD-EX depuis sa création (2006)
Plus de 80 tonnes de munitions extraites et/ou traitées depuis 2010 par EOD-EX

 

Pour en savoir plus : 

> Journée mondiale des sols : Veolia agit sur leur disponibilité et leur qualité
Dépollution des sols : leur donner une seconde vie


1. Relatif aux engins explosifs, par exemple des bombes non explosées et des douilles de munitions (qui peuvent contenir des composés toxiques comme l’arsenic et le plomb).

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