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30 octobre 2019

Adapter les marchés financiers : une urgence face aux réalités climatiques

Sous-estimer l’impact des réponses politiques au dérèglement climatique mettra gravement en péril la stabilité des marchés financiers à court terme, prédit le réseau mondial d’investisseurs responsables « Principles of Responsible Investment-PRI ».

Si le scénario « business as usual », continue d’inspirer les modèles prévisionnels, il faudra alors s’attendre, d’ici à 10 ans, à de très forts dysfonctionnements des marchés financiers, prédit le groupe des investisseurs responsables1(Principles for Responsible Investing, PRI), soutenu par les Nations unies, quiconcentre, à lui seul, quelque 86 milliardsde dollars d’actifs dans le monde. 
 
La raison de cet avertissement : l’étude prospective baptisée « Inevitable Policy Response » (IPR) prévoit un durcissement des politiques des gouvernements dès 2025,si les investisseurs persistent à sous-estimer les conséquences du dérèglement climatique. Une telle attitude met en effet en danger les actionsnécessaires à anticiper dans les domaines de la répartition des actifs, de l’engagement des entreprises et de la gestion des risques,afin de flécher judicieusement les investissements à réaliser, sources de stabilité financière. 
 
L’étude esquisse cinq réalités majeures que les marchés financiers devront bien prendre en compte à la demande pressante des gouvernements, pour tenter de limiter l’élévation des températures terrestres en dessous des 2°C, voire 1,5°C à l’horizon 21002
            - le pic mondial de la demande pétrolière mondiale sera atteint entre 2026 et 2028,  
            - le charbon thermique3cessera d’alimenter les centrales électriques dès 2040, 
            - les énergies solaire et éolienne assureront la moitié de la production électrique mondiale dès 2030, 
            - les véhicules à moteur thermique seront quasiment bannis plus rapidement que prévu, 
            - la reforestation, essentielle pour absorber en partie l’excès de CO2atmosphérique, sera fortement accélérée.
 
Pour l’instant, rappelle le PRI, même si nous appliquons les plans d’action climatiques des États décidés à la COP214, l’élévation des températures ira sans doute bien au-delà des 2,7° à 3,5°C à l’horizon 2100. 
 
 
1. 2 600 investisseurs dans le monde sont signataires de cette alliance qui s’engage à respecter 6 principes fondamentaux pour des investissements responsables. Les plus puissants fonds signataires sont BlackRockWellingtonCalSTRAllianzAvivaAmundi.
2. Objectifs de l’accord de Paris, COP21.
3. Charbon utilisé comme combustible dans les centrales électriques
4. Les contributions volontaires nationales, source ONU
5. IEA’s  “Sustainable Development Scenario”, New Policies Scenario, Novembre 2018, IEEFA.org

 

© DELETREE / SIPA