Des déchets à l’assiette : les insectes au coeur de la bioconversion

Et si nos déchets alimentaires servaient à nourrir des insectes, et que ces insectes servaient à nourrir les animaux d’élevage ? C’est l’idée que développe la start-up Entofood dans sa ferme pilote de Malaisie, en partenariat avec Veolia.

Les mouches permettront-elles de mieux nourrir le monde ?

La bioconversion - Définition

La bioconversion consiste à transformer en produits à forte valeur ajoutée des produits organiques (restes de restauration, rebuts de récoltes, sous-produits de transformation agroalimentaire…) jusqu’alors sous-valorisés.

Que les réfractaires à la nourriture aux insectes se rassurent : il ne s’agit aujourd’hui que de cultiver leurs larves et de s’en servir comme aliment pour les animaux d’élevage. En particulier ceux qui consomment des protéines, comme les poissons, les volailles ou les porcs. C’est l’objectif d’Entofood, start-up française installée en Malaisie. Son idée est simple : transformer le problème de la gestion des déchets organiques inutilisés ou sous-valorisés en une réponse au besoin croissant en protéines pour l’alimentation animale.
 

Déchets

Avec l’aide de Veolia, Entofood développe des produits à forte valeur ajoutée à base de larves de mouche soldat noire (Hermetia illucens). Cet insecte inoffensif pour l’humain et non invasif se nourrit de déchets alimentaires : le candidat idéal pour cette opération de conversion des déchets en protéines, appelée bioconversion. À partir de ces larves, Entofood produit de l’huile, des farines riches en protéines et des engrais organiques. C’est une véritable économie circulaire qui se met en place. Les débouchés sont prometteurs : l’aquaculture fournit la moitié des poissons consommés dans le monde. La bioconversion va permettre d’éviter de nourrir les poissons d’élevage avec d’autres poissons, ou à partir de protéine cultivée au détriment de cultures vivrières ou de forêts.

Entofood et Veolia ont des savoir-faire complémentaires : le premier possède la technologie nécessaire à cette nouvelle forme de valorisation ; le second a la connaissance et la maîtrise du gisement organique à l’échelle de la planète. Ce partenariat pourrait faire la différence dans un monde où les enjeux de sécurité alimentaire, d’autosuffisance et de réduction des gaz à effet de serre sont critiques.

La bioconversion consiste à transformer en produits à forte valeur ajoutée des produits organiques (restes de restauration, rebuts de récoltes, sous-produits de transformation agroalimentaire…) jusqu’alors sous-valorisés.

Pourquoi l’asie ?

Deux raisons principales au choix de l’Asie :

  • la mouche « soldat noir » (Hermatia illucens) est originaire de la ceinture tropicale, d’où le choix d’Entofood de la reproduire dans sa zone d’origine ;
  • la zone représente plus de 80 % de l’aquaculture mondiale.

Chiffres clés

  • Avec 10 kg de protéines végétales, on produit 1 kg de protéines de boeuf, mais 10 kg de protéines d’insectes.
  • 50 % des poissons consommés dans le monde proviennent de l’élevage (depuis 2014).
  • 1 kg d’oeufs de mouche soldat noire, nourris avec des déchets, produit 6 tonnes de protéines en 10 jours.
  • 10 à 12 jours seulement séparent l’éclosion des oeufs de la mouche soldat noire et la récolte des larves.
  • 10 % du marché des protéines pourrait provenir des insectes d’ici à 2040 (estimation analystes).

Veolia est également partenaire de la start-up Mutatec, installée dans les Bouches-du-Rhône (France), qui utilise aussi la mouche soldat noire pour alimenter l’aquaculture et l’aviculture. La larve de mouche présente un fort potentiel : en juillet 2017, la Commission européenne a autorisé l’utilisation en aquaculture des protéines animales transformées à partir d’insectes.

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Comment nourrir 9 milliards d’humains en 2040 ?

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