Vision d’avenir :

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Du vert contre le désert

Adossé au Sahara, le Sahel est un milieu fragile. Sous l’effet de la sécheresse et de la dégradation du milieu naturel, cet environnement rural très pauvre cède du terrain à la désertification depuis de nombreuses années. Il reprend vie grâce à la Grande Muraille verte. Lancé à l’initiative de onze États africains, ce vaste programme de régénération forestière est voué à s’étendre sur plus de 7 600 km, telle une immense mosaïque arbustive reliant Dakar à Djibouti.
Un « projet fou », mais suffisamment sensé pour être étudié de près par les chercheurs de l’OHMI Téssékéré*, accompagnés par la fondation Veolia. Au nord du Sénégal, zone pilote où les plantations ont débuté en 2008, botanistes, anthropologues, géographes et médecins analysent les impacts du reboisement sur l’environnement, l’économie locale et la santé. Peu à peu, les efforts pour reverdir la steppe sénégalaise contribuent à améliorer le quotidien des communautés de Peuls. Avec ses images, Arnaud Späni en témoigne : l’espoir renaît, à l’ombre des acacias et des dattiers du désert.
 

Bio

Né à Bangui (Centrafrique), Arnaud Späni a grandi sur le continent africain. Une expérience fondatrice qui lui a insufflé le goût du voyage et de l’engagement.
Après un parcours dans l’aide internationale et la mise en place de centrales hydroélectriques à travers le monde, il s’est lancé dans la photographie éditoriale. Globe-trotter touche-à-tout, son objectif balaie aussi bien la préservation de l’environnement que l’histoire aéronautique, en passant par la valorisation des terroirs et des cultures.

Arnaud Späni, focale intime

Arnaud Späni est un observateur discret, attentif aux détails et soucieux d’authenticité. Appareil photo en main, il reste fidèle à cette posture qui imprègne ses reportages. Particulièrement ceux touchant à l’Afrique, qu’il connaît en profondeur. Missionné pour la réalisation d’un ouvrage consacré à la Grande Muraille verte, le photographe s’est attaché à suivre les prémices de ce projet hors normes au Sénégal. Il lui a fallu plus d’un séjour dans la zone du Ferlo pour témoigner du rythme lent des campagnes de plantation, depuis la préparation des semis jusqu’à leur mise en terre, à la saison des pluies.

« J’ai eu la chance de suivre aussi bien les investigations scientifiques que les activités de l’armée sénégalaise, en charge de la protection des parcelles plantées », explique Arnaud.

Pour lui, ce fut également l’occasion d’intégrer le quotidien des Peuls, ces éleveurs qui peuplent l’ensemble du Sahel et dont il est familier.

« Je me suis intéressé à l’organisation sociale et familiale de ces communautés et aux structures hiérarchiques dans leurs villages. Parler quelques mots de leur langue m’a permis de multiplier les rencontres. »

Arnaud a tiré une vision intime du mode de vie pastoral de ces tribus. Ses images suggèrent aussi la vitalité insoupçonnée de cet environnement. Car dans un milieu semi-aride, « il suffit souvent d’un peu d’eau et d’un peu d’ombre pour que la nature reprenne ses droits », témoigne-t-il.

* Un observatoire homme-milieux est une structure interdisciplinaire tournée vers l’étude des effets d’une action anthropique forte sur un environnement. L’OHMI (I pour international) Téssékéré est mené conjointement par le CNRS et l’Université de Dakar, en synergie avec l’Agence nationale sénégalaise de la Grande Muraille verte.