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20 novembre 2019

États-Unis : les avantages écologiques de la modernisation des infrastructures de drainage agricole

Selon une récente étude de l’Université de l’Iowa, répondre aux exigences de l'agriculture moderne et du changement climatique passe inévitablement par une modernisation des réseaux de drainage agricole (1), qui favorisent la culture vivrière sur une majeure partie des parcelles les plus productives du monde. Cette rénovation d’ampleur permettra d'obtenir de meilleurs rendements et des systèmes de production plus résilients.

L’étude2 rappelle que les champs humides et mal drainés souffrent davantage de maladies et d’une croissance altérée des racines. Ils peuvent également retarder les semis et compliquent les travaux mécaniques des agriculteurs (récoltes, soin des cultures…).
 
« Une remise à niveau d’infrastructures défectueuses d’une telle envergure nécessitera de lourds investissements ainsi qu’un large consensus entre décideurs politiques, contribuables et monde agricole », avertit Michael Castellano, professeur d’agronomie à l’Iowa State University et principal auteur de l’étude. « Rien que dans l’Iowa, une grande partie de l'infrastructure de drainage remonte aux années 1920 et est gérée en toute autonomie par près de 4 000 districts !  Mais, ajoute-t-il, l’effort consenti devrait représenter un excellent placement à long terme, assorti de nombreux avantages ».
 
Parmi les nombreux bénéfices d’un bon drainage, l’étude retient une meilleure qualité de l’eau grâce à l’atténuation du ruissellement d'engrais azoté ou encore la réduction des émissions de gaz à effet de serre via une diminution de la quantité d'engrais utilisée. « Globalement, le drainage augmente le rendement des cultures et l'efficacité de l'utilisation des engrais azotés - une solution gagnante pour l'agriculteur et l'environnement », reconnaît Sotirios Archontoulis, professeur agrégé d'agronomie et co-auteur de l'étude.
 
Une refonte du drainage agricole nécessiterait l'installation de conduites de plus grande capacité ainsi que la mise en œuvre à long terme de pratiques de conservation, comme la création de zones humides de dénitrification3et les zones tampons saturés4. À titre d’exemple, entretenir des zones humides en appui de l’agriculture sur 1 % à 6 % des parcelles exploitées de l'Iowa pourrait réduire les charges de nitrates de 25 % à 78 %.
 
« L’augmentation de la capacité de drainage a peut-être aidé pas mal d’agriculteurs au printemps dernier, lorsque la pluie les a tenus à l'écart de leurs champs pendant des semaines… », conclut M. Castellano.
 
Le drainage des terres cultivées existe depuis des millénaires, mais la technologie des extrudeuses a permis l’installation de systèmes à grande échelle, au mitan du XIXesiècle. Des kilomètres de tuiles et de drains agricoles (tubes plastiques perforés) placés à des endroits stratégiques permettent à l'eau de s'écouler loin des champs, ce qui maintient les sols suffisamment secs pour faciliter les cultures. 3 Les pratiques de conservation prennent en compte les capacités d’épuration des zones humides car elles sont considérées comme des zones de transfert et de rétention : elles contribuent donc à la régulation de la pollution azotée.

2 Sustainable intensification of agricultural drainage, Michael J. Castellano, Sotirios V. Archontoulis, Matthew J. Helmers, Hanna J. Poffenbarger & Johan Six- Nature Sustainabilityvolume 2, pages 914–921 (2019) -  https://www.nature.com/articles/s41893-019-0393-0

4 Les zones tampons sont des espaces de transition entre les champs agricoles et les plans d’eau. Ces espaces, de forme et de grandeur variables, peuvent être localisés à différents endroits (sans nécessairement jouxter les cours d’eau).
 
Source :https://www.sciencedaily.com/releases/2019/10/191007113325.htm

 

© Naoki Maeda - AP - SIPA