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30 novembre 2017

Et si les caniveaux devenaient des micro-stations d’assainissement ?

Une équipe scientifique française s’est penchée sur les caniveaux parisiens. Résultat : on y trouve une diversité biologique foisonnante susceptible de jouer un rôle important dans le traitement des eaux urbaines.

Ce jour-là, quand le biologiste Pascal-Jean Lopez se rend à son laboratoire, il observe la couleur verte ou marron de l’eau des caniveaux et l’apparition de bulles. Comme il le rapporte dans le journal du CNRS, « cela m’a tout de suite rappelé la couleur des algues ».  Depuis, l’intuition du scientifique s’est transformée en programme international de recherche*. Les premières conclusions sont étonnantes.
Les études révèlent que les caniveaux parisiens abritent une grande diversité de micro-organismes : des micro-algues, des organismes unicellulaires mais aussi des champignons dont certains sont des décomposeurs. 6 900 espèces potentielles** ont ainsi été identifiées. Selon le communiqué de presse du CNRS ***, elles sont « organisées en communautés, susceptibles d’être des acteurs importants du traitement des eaux de pluie et des détritus urbains en contribuant à la décomposition des déchets solides et d’autres types de polluants comme les gaz d’échappement et l’huile moteur, etc. »
 
 
Le caniveau apparaît donc, aux yeux des chercheurs, comme un espace « naturel » aux rôle écologique encore à explorer. Pascal-Jean Lopez souligne : « Ces organismes peuvent contribuer à purifier l’eau des caniveaux, ce qui peut nous apparaître comme le tout premier signe d’une micro-station d’assainissement. Demain, il n’est pas interdit d’avoir un regard nouveau et positif sur ces caniveaux, facteur surprenant de biodiversité ».
 
* Aquatic urban ecology at the scale of a capital: community structure and interactions in street gutters. Vincent Hervé, Boris Leroy, Albert Da Silva Pires, Pascal Jean Lopez (2017). The ISME Journal, le 13 octobre 2017. Consulter le site web
** On entend par espèces « potentielles » des micro-organismes individus phylogénétiquement proches, classés en unité taxonomique opérationnelle (OTU)
***Centre National de la Recherche Scientifique
 

© Tristan Reynaud - SIPA