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16 janvier 2020

Mieux protéger la population des fuites de pétrole et de gaz aux États-Unis

Les Etats-Unis préparent une loi pour renforcer la législation en matière de lutte contre les fuites de pétrole brut et de méthane tout au long des pipelines. Les deux parlementaires à l’origine de cette initiative souhaitent ainsi réduire les impacts environnementaux et veiller à mieux garantir la santé des populations riveraines.

Le 29 octobre dernier, quelque 1,4 million de litres de pétrole brut (383 000 gallons, l’équivalent de 9 210 barils) se déversaient dans les marais d’Edinburg (Dakota du Nord), causant des dégâts environnementaux considérables dans cette zone humide à la biodiversité fragile et menaçant la santé des communautés amérindiennes qui y vivent. Une population autochtone qui souffre déjà des multiples pollutions de l’air, de la terre et de l’eau liées à l’exploitation par fracture hydraulique du pétrole présent dans la formation de Bakken, une aire géologique située dans la zone.
 
La rupture sous haute pression du pipeline Keystone 1* n’en est pas à sa première : c’est en fait la troisième de cette importance depuis sa mise en service en 2010. Sur la même période, ce sont aussi 21 « incidents » de ce type, mais de moindre importance, qui ont été constatés. Le pipeline a été remis en service le 10 novembre, après autorisation de l’autorité administrative concernée (US Pipeline and Hazardous Material Safety Administration, PHMSA).
 
Mais suite à ces « incidents » répétés, deux députés démocrates** de la chambre des représentants veulent faire adopter par le Congrès une nouvelle loi fédérale, le SAFER Pipeline Act of 2019***. Objectifs : protéger durablement les riverains, limiter plus sévèrement ces fuites et placer l’exploitant**** face à ses responsabilités. Ils espèrent un vote au Congrès début 2020.
 
 
*Le pipeline Keystone 1, long de 3461 km, s’insère dans un vaste système de transport servant à acheminer le pétrole brut et le bitume dilué issu des sables bitumineux de l’Alberta (Canada) vers les raffineries de l’Illinois et du Texas principalement. La dernière phase de déploiement du réseau, en cours, vise à renforcer les capacités de transport dans le Montana et le Dakota du Nord. Elle fait l’objet d’une controverse d’envergure nationale.
**Peter DeFazio (Oregon), président de la commission Infrastructure et Transport, et Franck Pallone Jr (New Jersey), président de la commission Énergie.
***SAFER pour Safe (Sécurité), Accountable (Redevable), Fair(Equitable) and Environmentally Responsible (Responsable écologiquement).
****L’énergéticien canadien TC Energy Corp. exploite le pipeline Keystone 1.

© Eric Gay/ AP / SIPA