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1 octobre 2019

Purifier l’eau grâce aux déchets de bananiers : un espoir pour les habitants d’Amazonie équatorienne

Dans le cadre de la semaine mondiale de l’eau 2019, qui s’est tenue du 25 au 30 août à Stockholm (SIWI), une jeune ingénieure en biotechnologie environnementale a présenté un filtre à eau reposant sur les propriétés du bananier, pour purifier l’eau polluée en Amazonie. Un procédé à bas coût, mis en lumière par le Programme des Nations unies pour l'environnement.

Du haut de ses 25 ans, la scientifique équatorienne Maricela Granda s’est penchée sur lesproblématiques de sa région natale* — la production pétrolière y a engendré une forte pollution de l’eau potable, à l’origine d’un taux de mortalité par cancer élevé — pour mettre au point un procédé de purification de l’eau à partir d’une autre activité locale majeure : la culture de la banane. 
 
La chercheuse a imaginé un filtre à eau domestique à partir du pseudo-tronc (stipe**) du plant de bananier, lequel une fois coupé est mis au rebut. C’est à l’occasion de la récolte de ces tiges géantes sur les terres de sa famille que Maricela Granda a étudié en détail leur structure pour les utiliser comme un matériau capable d’absorber les hydrocarbures présents dans l'eau et ainsi la purifier. 
 
Elle explique : « L'eau doit passer dans un filtre conçu à partir des cellules végétales des tiges de bananiers. À ce biomatériau, nous ajoutons d'autres éléments filtrants comme le gravier et le sable. La version définitive du biofiltre est en cours de finalisation, car nous  voulons nous assurer qu’il respecte les critères de qualité de l'eau requis par l'Organisation mondiale de la santé ».
 
Pour exploiter tout le potentiel de ce procédé innovant, Maricela Granda partage ses connaissances et expériences avec d’autres jeunes issus du monde universitaire local, et collabore avec des organisations chargées de contrôler la pollution dans la région. 
 
Leur travail commun consiste par exemple à collecter des informations sur les zones contaminées, mais aussi la fréquence des épisodes de pollution, et les effets produits. 
Autant de données relatives à la contamination qui permettront à Maricela Granda et à d’autres jeunes chercheurs d’élaborer des solutions à plus grande échelle qui pourraient s’intégrer dans un vaste plan de gestion de l'eau, applicable non seulement aux zones contaminées, mais aussi à l’ensemble de l’écosystème local. 
 
L’ONU a salué la solution à bas coût développée par Maricela Granda, un élément essentiel pour qu’un maximum d’habitations puissent être équipées : « Pour affronter la crise mondiale de l'eau douce, nous devons trouver des méthodes innovantes et peu onéreuses de gestion de l'eau, facilement accessibles partout où cela est nécessaire », a souligné Lis Mullin Bernhardt, experte en eau douce à l’ONU Environnement. 
 
*Capitale de la province de Sucumbios, la ville de Lago Agrio est un lieu emblématique de la pollution aux hydrocarbures dont souffrent les habitants de l’Amazonie équatorienne depuis plusieurs décennies. Dans cette ville équipée de 53 puits de pétrole, 168 nouveaux cas de cancer ont été identifiés l’an dernier, soit 2 800 malades (décès exclus) sur les 48 000 habitants que compte la ville et ses alentours. 
https://www.liberation.fr/planete/2019/08/26/en-equateur-les-arbres-poussent-dans-le-petrole_1747426
 
 
** Le stipe du bananier, aussi appelé pseudo-tronc, est une superposition de feuilles enroulées en cornet, qui meurt une fois les fruits arrivés à maturité. La vraie tige (souterraine), assure la pérennité de la plante grâce à ses rejets qui produisent de nouvelles pousses de bananier.
 
 
Sources : https://www.unenvironment.org/news-and-stories/story/bananas-could-purify-water-amazon

 
 
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