Ilots de chaleur

Îlots de chaleur : quand l’eau rafraîchit la ville

En raison de leur forte minéralisation*, les centres villes connaissent en été des hausses de températures plus élevées, ce qui crée des îlots de chaleur urbains (ICU). Ces phénomènes peuvent engendrer de lourdes conséquences, notamment sanitaires, allant jusqu’à une hausse de la mortalité des habitants.

ICU

Les projets pilotes Veolia en cours ou achevés

2011 : simulation microclimatique du PEM Saint-Augustin à Nice (France)
2012 : pilote d’humidification de chaussée à Lyon (France)
2013 : démarrage à Lyon (quartier La Part-Dieu) du projet EVA avec l’IRSTV (cf. article ci-contre)
2014 : développement d’un outil de diagnostic de vulnérabilité sanitaire
2015 : tests terrain à Lyon de l’outil de diagnostic de vulnérabilité ; résultats du projet EVA
2016 : premiers déploiements commerciaux des offres de diagnostic et design de solutions de rafraîchissement urbain
2018 : démarrage du premier démonstrateur de rafraîchissement urbain à base de pavés évaporatifs à la ZAC Toulouse Montaudran Aerospace (inédit en Europe)
2018 : campagne de mesures sur le PEM à Nice durant l’été
2019 : pilote en cours à Milan (Italie)

En réponse, Veolia développe depuis plusieurs années des outils de diagnostic et des solutions innovantes d’atténuation des ICU, en s’appuyant notamment sur l’utilisation de l’eau non potable. Le développement de ces solutions, qui peuvent s’appliquer à l’échelle d’une agglomération comme d’un quartier, nécessite de réaliser des expérimentations sur le terrain.

En France, à Lyon, Veolia a mis au point une méthode de caractérisation des ICU dans le quartier de La Part-Dieu, avant d’y tester une solution d’humidification de chaussée. Cette méthode superpose deux types de cartographies : celle de l’exposition de la ville aux ICU, en pondérant plusieurs indicateurs (températures de surface, présence de végétation et d’eau…) corrélés avec des mesures in situ ; et celle de la sensibilité des populations, en termes d’impact sanitaire, avec comme indicateurs le type de population (personnes âgées et enfants notamment) et le type d’habitat (l’habitat précaire amplifie l’impact sanitaire des ICU). L’objectif de cette cartographie : identifier les zones vulnérables à traiter en priorité.

Dans la foulée, Veolia s’est associé avec l’Institut de recherche en sciences et techniques de la ville (IRSTV) pour mettre au point EVA (Eau, Végétation, Albédo), un outil multi-critères d’aide à la décision de solutions de rafraîchissement destiné aux aménageurs. EVA modélise des solutions de rafraîchissement et compare leur impact sur la diminution des ICU ou encore la consommation d’eau qu’elles impliquent. En ce qui concerne les solutions eau, deux approches complémentaires sont privilégiées : l’humidification, pour les chaussées carrossables ; les pavés évaporatifs, plus fragiles en raison de leur porosité, pour les seuls espaces piétonniers.

À Nice, dans le sud de la France, Veolia exploite une combinaison de solutions de rafraîchissement qui ont été étudiées dans le cadre de la création des espaces publics du pôle d’échanges multimodal (PEM) de la plaine du Var. À la clé, la mise en oeuvre de deux solutions de rafraîchissement : 250 m2 de pavés évaporatifs aux arrêts de tramway et 300 m2 d’humidification des chaussées, le tout relié au réseau de distribution d’eau brute de la ville. Avant la prochaine campagne de mesures programmée à l’été 2019, celle de septembre 2018 a déjà permis de constater une baisse ressentie de 5 à 6 °C sur la zone d’expérimentation.

*Les surfaces minéralisées absorbent la chaleur pendant la journée pour la redistribuer dans l’atmosphère durant la nuit.
Source : http://www.otmed.fr/

Chiffres clés

Près de 30 % de la population mondiale est exposée à des conditions climatiques dépassant un seuil potentiellement mortel pendant au moins 20 jours par an. D’ici à 2100, ce taux devrait atteindre 48 % – dans un scénario de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre – et 74 % dans un scénario d’augmentation des émissions.
Source : Nature Climate Change, “Global risk of deadly heat”, juin 2017

À l’horizon 2100, 2 Européens sur 3 seront affectés par des catastrophes climatiques. Le nombre de morts annuelles dues à ces dernières passerait alors de 3 000 – observées de 1981 à 2010 – à 152 000 à la fin du siècle. Si les inondations et les tempêtes représentent des menaces très sérieuses pour la population européenne, les vagues de chaleur seront les événements climatiques les plus meurtriers. Elles causeront pas moins de 99 % du total des décès attendus. Soit 151 500 décès (fourchette d’incertitude comprise entre 80 000 et 239 000) d’ici à 2071.
Source : The Lancet Planetary Health, “Increasing risk over time of weather-related hazards to the European population: a data-driven prognostic study”, août 2017

Le phénomène d’îlot de chaleur urbain aux États-Unis concerne + de 80 % de la population vivant dans les zones urbaines.
Source : Physical Review Letters, étude mars 2018