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9 avril 2019

Le comportement des citoyens pris en compte dans le calcul des émissions de GES

Une politique climatique efficace doit favoriser un changement des comportements des consommateurs. Mais l’impact potentiel de leurs actions individuelles sur les émissions de GES n’avait encore jamais été mesuré. Jusqu’à la mise au point par une équipe de l’université de Norvège* d’un outil de modélisation.

Si la réduction des émissions de GES reste un objectif majeur de la lutte contre le changement climatique, l’évolution du comportement des consommateurs (choix durables en termes de transports, d’habitudes d'achat, de consommation d'énergie…) peut également influer sur la production mondiale, orienter la demande vers des produits moins carbonés et modifier le niveau et la teneur de la consommation mondiale.
 
De nombreuses études évaluent les décisions des ménages, mais elles ont rarement été combinées et modélisées dans un contexte macroéconomique pour comprendre leur impact sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et les émissions de GES induites. 
 
Défi relevé par une équipe multinationale et multidisciplinaire de 7 scientifiques, dans le cadre du projet européen Carbon-CAP**. Sous l’impulsion de Daniel Moran, de l’Université norvégienne des sciences et technologies, les chercheurs ont répertorié 90 initiatives écologiques axées sur la demande : « recours au covoiturage », « baisse du thermostat », « moins de gaspillage alimentaire ». Puis ont passé au crible tout un corpus de travaux scientifiques sur des actions uniquement individuelles. En modélisant ces données, il a ainsi été possible d’évaluer les impacts des initiatives domestiques au niveau de chaque pays de l’UE. 
 
Si les 90 initiatives étaient généralisées dans toute l’Union européenne, son empreinte carbone globale pourrait diminuer de 25 % et ses émissions territoriales*** de 30 %. Les initiatives concernant les transports et l'alimentation entraînent les plus fortes réductions d’émissions.
 
* Quantifying the potential for consumer-oriented policy to reduce European and foreign carbon emissions - Daniel Moran, Richard Wood, Edgar Hertwich, Kim Mattsona, Joao F. D. Rodriguez, Karin Schanesd and John Barrette - Article in Climate Policy · December 2018
 
**Le projet collaboratif Carbon-CAP ("Carbon emission mitigation by Consumption-based Accounting and Policy") a pour objectif de stimuler une combinaison efficace de politiques climatiques dans l’Union européenne et au niveau international, afin de réduire les émissions liées à la consommation en plus de celles issues de la production. Financé par le 7eprogramme-cadre de l’UE, il réunit 11 organisations à vocation scientifique, économique, politique — International Centre for Trade and Sustainable Development (ICTSD) ; Vienna University of Economics and Business (WU) ; Institute for Prospective Technical Studies (IPTS) ; Leiden University (LU-CML) ; Norwegian University of Science and Technology (NTNU) ; University of Cambridge Centre for Climate Change Mitigation Research (4CMR) ; Cambridge Econometrics (CE); Climate Strategies (CS) ; German Institute for Economic Research (DIW Berlin) and University of London (UCL) — et est piloté par the Netherlands Organisation for Applied Scientific Research (TNO). 
 
 
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***A la différence de l’empreinte carbone nationale, qui évalue les émissions de gaz à effet de serre (GES) par la consommation de la population résidant dans le pays, l’empreinte carbone territoriale mesure les GES générés par un territoire. Par exemple la prise en compte des émissions associées aux importations dites « cachées ». Sources »,  DRIEA, « le bilan carbone territorial » ; Commissariat général au développement durable, « Les émissions « cachées » de notre consommation ». 

 

© GILE MICHEL / SIPA