3 questions à Julien Temple, responsable au Bureau des programmes d’urgence de l’Unicef, à Genève

La fondation Veolia est devenue un acteur de l’humanitaire

L’Unicef s’est vu confier le « lead » pour la coordination des interventions liées à l’eau, l’assainissement, la nutrition, l’éducation et la protection de l’enfance. Pourquoi ?

Notre présence programmatique dans plus de 120 pays nous impose d’être là dans la durée, avant, pendant et après l’urgence. Cette présence au service des populations les plus démunies est notre force. Elle nous permet d’intervenir à la fois dans la prévention et la reconstruction. Nous veillons également à pérenniser les solutions mises en oeuvre, à travers une démarche de résilience.

L’objectif est ambitieux. Comment vous y prenez-vous ?

En créant des partenariats de très longue durée qui se conçoivent bien en amont. Car on ne met pas en place un partenariat d’urgence en plein milieu des urgences. Depuis plus de dix ans, la fondation Veolia entretient, en tant que stand-by partner, une coopération privilégiée avec notre organisation. Ce type de partenariat avec une entreprise privée, à une large échelle, reste rare à l’Unicef puisque seul Ericsson dans les télécommunications bénéficie de ce statut. Nous le réservons à des organisations capables d’intervenir dans des situations d’urgence humanitaire. À ce titre, la Fondation s’engage à mobiliser à tout moment, dès la survenue d’une crise, son réseau de collaborateurs volontaires de Veoliaforce. Celle-ci s’est ainsi déployée aux Philippines ou encore en Haïti pour apporter les compétences nécessaires en matière d’approvisionnement en eau potable des populations sinistrées.

Le secteur privé est arrivé assez récemment dans l’écosystème de l’Unicef. Cela bouscule-t-il votre culture d’agence intergouvernementale ?

Il est vrai que les gouvernements et les ONG humanitaires, internationales et locales, sont historiquement nos partenaires naturels, à travers notre système de clusters logistiques (télécoms…). Pour autant, à travers les comités nationaux de l’Unicef tel que le comité français, le secteur privé représente déjà un tiers de nos ressources financières. Au début, cela n’a pas été de soi car nos cultures sont très différentes. Beaucoup d’entreprises hésitent à intervenir dans des situations de crise. Mais nous avons senti de la part de la fondation Veolia un véritable engagement, une volonté d’investir et d’apporter une valeur ajoutée dans le domaine humanitaire et, plus durablement, dans le développement. En s’appuyant essentiellement sur ses expertises métiers et la compétence de ses collaborateurs. Au point qu’elle est devenue un acteur à part entière de l’humanitaire !

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