La clé des sols

La clé des sols

C’est une première pour le GIEC : dans leur rapport spécial* les experts, du climat présentent l’ensemble des données relatives à la pression que l’homme exerce sur les terres. Et lancent un avertissement : à trop épuiser les ressources, à exploiter trop intensivement les sols et les forêts, l’homme met en péril sa capacité à faire face au réchauffement climatique, mais aussi ses conditions de vie et de subsistance.

Les usages des terres émergées dans le monde…

la clé des sols

 

… Et 3 grandes mises en tension

Production

Production agricole

Entre 1961 et 2017, la production totale de denrées alimentaires (cultures céréalières) a augmenté de 240 % en raison de l’expansion des surfaces cultivées et de l’augmentation des rendements. Avec pour principal corollaire, sur la même période, un bond de près de 800 % de l’utilisation d’azote inorganique comme fertilisant. La production de fibres (coton) a, quant à elle, augmenté de 162 % (jusqu’en 2013).

Alimentaire

Demande alimentaire

L’augmentation de la production agricole est liée à l’évolution de la consommation alimentaire. Entre 1961 et 2017, la population mondiale a augmenté de 150 % et la consommation de viande a plus que doublé. Cela s’accompagne d’un quasi-doublement du taux de prévalence du surpoids et de l’obésité depuis 1975 (+80 %).

Désertification

Désertification et dégradation des sols

Le changement d’usage des terres, l’intensification de leur usage et le changement climatique ont contribué à la désertification et à la dégradation des sols. Entre 1961 et 2017, la part de la population vivant dans des zones touchées par la désertification a presque triplé (+200 %). Dans le même temps, la surface occupée par les zones humides a reculé, pour atteindre 30 % de son niveau de 1970.

Prospective

Dans la conclusion de son rapport, le GIEC recommande d’adopter une panoplie de politiques agissant sur le système alimentaire, y compris celles relatives au gaspillage de nourriture. Combinées, ces politiques installeraient une gestion plus durable des terres — agriculture de conservation, agroécologie, agroforesterie, permaculture… —, une amélioration de la sécurité alimentaire, limiteraient la dégradation des terres et leur désertification, réduiraient la pauvreté, amélioreraient la santé publique et favoriseraient la réduction des gaz à effet de serre.


Les changements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres » (août 2019).

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