L’ère du charbon touche à sa fin en Asie du Sud-Est

 

En 2020, l’Indonésie, le Vietnam, le Bangladesh et les Philippines ont annulé plusieurs projets énergétiques basés sur le charbon. Ces projets devaient produire 45 gigawatts, un chiffre équivalant à plus d’un quart de la capacité énergétique totale de l’Allemagne. 

Plusieurs facteurs, liés à la pandémie et au financement, ont poussé ces quatre économies émergentes à rechercher des solutions de rechange à la fois plus rentables et plus respectueuses de l’environnement. 

D’après une étude du Global Energy Monitor (GEM), une ONG américaine qui recense les projets d’énergie fossile dans le monde, il ne devrait pas y avoir de reprise de la consommation de charbon après la pandémie. 

Après le désistement des banques de Corée du Sud et du Japon, qui sont les principaux investisseurs asiatiques dans le charbon, les projets de construction de 29 nouvelles centrales au Bangladesh ont été annulés. En juin 2020, le ministre de l’Énergie du Bangladesh a déclaré que le pays maintenait la construction de trois centrales, mais qu’il réfléchissait à des alternatives pour se passer des autres. 

Plus à l’est, le plan de développement énergétique du Vietnam, qui doit entrer en vigueur en 2022, prévoyait l’annulation de sept centrales et le gel de six autres projets, qui seront réexaminés en 2030. 

Le charbon de moins en moins compétitif

En novembre, les Philippines ont proposé un moratoire sur les nouveaux projets de centrales au charbon. Le ministre de l’Énergie veut orienter les investissements étrangers vers l’exploration de la géothermie. Les Philippines ont déjà le taux le plus élevé d’énergie renouvelable d’Asie du Sud-Est, et l’énergie solaire devrait atteindre 35 % du mix énergétique en 2030. 

Les pays d’Asie sont les derniers à utiliser le charbon massivement dans leur mix énergétique. Mais au début de l’année 2020, le think tank Carbon Tracker a montré dans son rapport « How to waste over half a trillion dollars » que les énergies renouvelables étaient devenues suffisamment compétitives par rapport aux énergies fossiles. Par conséquent, les projets de centrales à charbon risquaient fort de devenir rapidement des actifs immobilisés, c’est-à-dire pas assez rentables pour être exploités.

En renonçant au charbon, ces quatre pays apportent une nouvelle preuve que les banques et les investisseurs du monde entier intègrent de plus en plus les enjeux climatiques dans leurs décisions d’investissement.

SOURCE :

« 2020: a dismal year for coal power », China Dialogue, 4 janvier 2021 - chinadialogue.net/en/energy/2020-a-dismal-year-for-coal-power