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15 février 2017

Logement social en Inde : quand l’écologie fait faire des économies

Navin Chandra a mis 10 ans pour convaincre le bailleur social d’un quartier de Mumbaï de gérer écologiquement l’immeuble dans lequel il habite. Une fois les travaux terminés, l’ensemble des locataires ont vu leurs charges baisser de 40 %. Le bailleur social et l’initiateur du projet viennent d’être doublement primés comme « meilleur bailleur de proximité* » et « champion de la clean attitude** ».

Inde

© SIPANY / SIPA 

Fin décembre 2016, Devendra Fadnavis, premier ministre de l’État du Maharashtra en Inde, a remis au bailleur social Sea Line Society et à Navin Chandra – à travers la Kartavya Welfare qu’il dirige (KWF) –  deux chèques d’un montant cumulé de 300 000 roupies indiennes (soit environ 4 225 €).
 
Le projet commun des deux lauréats a été choisi parmi ceux de quelque
7 000 candidats, tous bailleurs sociaux de proximité de la ville de Mumbaï, inscrits aux  Swaccha Society Awards. Organisé par la banque indienne ICICI, ce concours encourage un développement urbain plus sûr, plus écologique et plus durable.
 
L’immeuble de sept étages, situé dans la banlieue de Mumbaï, comprend 10 appartements. Sur le toit, 50 panneaux solaires et une éolienne fournissent l’électricité nécessaire aux parties communes et servent à alimenter les 6 ordinateurs destinés à l’usage collectif. Un dispositif solaire thermique produit de l’eau chauffée à 60° pour 40 salles de bain.
 
Grâce à l’emploi des énergies renouvelables le montant des factures d’électricité a été réduit de 60 %. « Avant l’installation de 50 panneaux solaires et d’une éolienne, nous dépensions 18 000 roupies par mois (soit environ 253 €). Aujourd’hui, nos factures ne dépassent plus les 7 000 roupies, »  souligne Navin Chandra.
 
L’immeuble est devenu autonome en « eau grise***» : les 1 000 m2 de toit réservés à la collecte des eaux de pluie permettent d’en stocker près de 10 000 litres. Lorsque la capacité de stockage est atteinte, le surplus d’eau permet de recharger la nappe phréatique. Les biodéchets sont triés à la source, collectés porte à porte et recyclés. Chaque mois, 100 kg de biodéchets permettent de produire 10 kg de compost.
 
Les travaux ont débuté en 2005 et ont duré un an. Le retour sur investissement était acquis dès 2012, grâce aux baisses de dépenses générales de fonctionnement de 40 %, effectives dès la fin des travaux.
 
« L’idée était de faire le meilleur usage possible des ressources naturelles et de protéger notre environnement, explique Navin Chandar dans les pages de l’Hindustan times. Lorsque j’ai emménagé dans mon appartement en 2000, toutes les infrastructures de l’immeuble étaient en piteux état, quasiment un désastre pour l’environnement. Cela m’a pris des années pour convaincre autour de moi. Mais une fois que les bénéfices sont prouvés, personne ne veut plus revenir en arrière ! »
 
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* « Best small society » 
** « Clean crusader »
*** Eau non potable