Maelenn Poitrenaud Responsable innovation et développement, Sede Arras, France

En France,
Maelenn Poitrenaud explore les nouveaux
métiers liés à l’économie circulaire des sols.
Publié dans le dossier de décembre 2019

Si la protection des sols a sa Journée mondiale (5 décembre) labellisée par les Nations unies depuis 2014, Maelenn défend cette thématique avec conviction depuis de nombreuses années. À peine arrivée au sein de la direction Recherche & Innovation de Veolia (VERI), il y a plus de 20 ans, la jeune ingénieure géologue publie un article scientifique sur le sujet, en partenariat avec l’INRA*. Elle y expose ce qui deviendra un cheval de bataille : le potentiel des composts dans la lutte contre la dégradation des sols. Une réflexion qui prend aujourd’hui tout son sens, alors que l’ONU lance un « stop » à leur érosion dans sa campagne 2019.

Très vite, Maelenn a l’occasion de creuser des sujets encore peu explorés à l’époque comme le retour au sol de la matière organique ou la valorisation des déchets. Elle va notamment vivre de l’intérieur l’un des projets phares de VERI, mené en partenariat avec l’INRA : l’essai au champ QualiAgro, dispositif où des composts issus de déchets urbains sont comparés à un fumier de bovins de référence. En 2014, elle met en place une cellule dédiée à l’innovation et au développement au sein de SEDE, le pôle Agronomique de Veolia, où elle s’épanouit aujourd’hui. À la tête de son équipe, Maelenn n’a de cesse de rechercher de nouvelles expertises, qu’elle souhaite intégrer au panel de solutions proposé aux clients. À commencer par les métiers liés à l’économie circulaire (méthanisation, biocarburant, etc.) et au digital.

« Pour moi, l’innovation réside dans l’amélioration significative de nos métiers, mais aussi dans la rupture et la préparation de ceux de demain », explique celle qui emploie également une bonne partie de son temps à dénicher les start-up et PME pouvant détonner par leurs idées.

Et dont le potentiel peut être valorisé dans les champs d’activité de Sede et de ses filiales : traitement et valorisation des boues d’épuration, déchets organiques et minéraux (déshydratation, bioséchage, compostage, méthanisation, valorisation agricole, valorisation énergétique…) et commercialisation de composts, engrais et biostimulants. Pour cette « Ressourceuse » qui ne lâche rien sur des projets toujours aux frontières de la science, de l’agriculture et de la réglementation, les efforts sont payants ! Son projet pilote SmartFertiReuse – un concept qui s’appuie sur la réutilisation des eaux usées traitées en agriculture pour répondre au stress hydrique qui s’installe à travers le monde – a reçu un financement et a été officialisé par un arrêté ministériel d’expérimentation dans les Hautes-Pyrénées. Autre source de fierté, le partenariat noué avec la start-up israélienne Bioplasmar, deux ans après avoir découvert cette jeune pousse qui venait alors de breveter un concept de pots de fleurs biodégradables. De cette rencontre est née une coentreprise baptisée « PoEthic ». Une usine est aujourd’hui en construction près de Chatellerault, dans le département de la Vienne, en France, et des millions de pots de fleurs seront produits à partir de 2020.

Pour en savoir plus :

Stockage du carbone et optimisation des rendements dans la bio : les atouts de la valorisation des biodéchets
QualiAgro, des composts urbains au service d’une agriculture durable
L’agriculture durable, pour nourrir la planète sans dégrader les ressources
Les eaux usées recyclées, une solution d’avenir pour irriguer les vignes ?


* Institut national de la recherche agronomique