Choléra : entretien avec Martin Le Ménager

Chef de projet à la division Eau et Assainissement, AFD

Qu’est-ce que l’Agence française de Développement ?

C’est l’agence de coopération bilatérale française au service du développement. Dotée d’un statut autonome, elle met en oeuvre la politique française en la matière, à travers des subventions versées aux gouvernements qui en expriment le besoin et le financement de projets à long terme. Concernant la République démocratique du Congo (RDC), ces fonds émanent des ministères en charge de la gestion des eaux des pays du Sud. Nous ne décidons pas des projets mais apportons une aide à leur mise en oeuvre, parfois à leur reformulation, dans un esprit de dialogue mutuel. Le souci de l’Agence étant de répondre avant tout à la demande locale, notre soutien financier se fait selon un cadre d’intervention précis.

Vous contribuez au financement d’un projet d’amélioration des infrastructures sanitaires à Uvira, au Sud Kivu. Quelles sont les raisons de votre intervention ?

Nous savions que la fondation Veolia s’était impliquée fortement pour comprendre la dynamique de la propagation du choléra dans la Région des Grands Lacs. Elle a su accompagner la Régie nationale publique des eaux de la RDC (Regideso), notamment sa direction provinciale du Sud Kivu, dans l’élaboration d’un projet de réhabilitation des infrastructures d’eau de la ville d’Uvira. Nous avions ainsi l‘assurance, précisée dans la convention signée par les parties, que la Fondation suivrait le bon déroulement du déploiement du projet, et veillerait entre autre au maintien en bon état des infrastructures modernisées. Par ailleurs, le projet intègre la mobilisation communautaire. L’idée est que les abonnés – qui disposent par ailleurs d’un prix de l’eau très abordable – assurent eux-mêmes le bon usage des points d’accès. Enfin, ce projet dispose d’une partie « études d’impacts ». L’ensemble de ces volets nous permet d’acquérir de l’expérience et surtout de mesurer l’efficacité du projet dans le temps.

Qui est le bénéficiaire de votre subvention à ce projet ?

Nous attribuons le financement au gouvernement, qui ensuite le confie à la Régie nationale publique des eaux. La décision de financement a été prise en 2012, pour une somme de 6 millions d’euros provenant de l’AFD. Nous avons aussi convaincu l’Union européenne d’y participer, à hauteur de 2,5 millions d’euros.

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