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3 décembre 2019

Le littoral néozélandais en danger

La Nouvelle-Zélande chiffre au minimum à 1,9 Md de dollars australiens (1,168 Md€) le coût des dégâts puis des reconstructions qu’occasionnerait la montée des eaux de 1,50 mètre d’ici à 2100*. Un scénario désormais crédible si le rejet des émissions de gaz à effet de serre (GES) dues aux activités humaines continue au même rythme qu’aujourd’hui.

Le dernier rapport du ministère australien de l’environnement est formel : avec un tel scénario, plus de 6 000 kilomètres d’infrastructures d’eau potable, d’assainissement et de ruissellement devront être reconstruites, ainsi que 2000 km de routes. Pire : le rapport indique que ce coût - estimé à 1,9 Md AU$ - pourrait être bien supérieur si le niveau des mers dépasse la hauteur probable de 1,50 mètre.
 
De même, le département national de la protection des sites (Department of conservation) prédit la disparition de plus de 331 lieux de mémoire et 119 sites touristiques, tous engloutis.
 
Les risques sont particulièrement élevés à Napier, Christchurch et Dunedin, où plusieurs milliers de résidences et de stations et sous-stations locales de traitement des eaux  seraient menacées.
 
« La montée des eaux n’affecterait pas seulement les constructions en bord de mer, mais aussi certaines se situant davantage à l’intérieur des terres, en raison de l’élévation du niveau des nappes souterraines provoquée par cette montée », précise le néozélandais Neville Peat, photographe et auteur  du livre Invading Seas, publié en 2018**.
 
Parmi les solutions les plus encouragées pour la protection du rivage, la construction de dunes : « c’est beaucoup moins onéreux que de bâtir des digues, » soutient  Allan Mundy, directeur des secours en mer néozélandais.
 
Deux autres études publiées par l’Institut de recherche Deep South Science Challenge*** affine les prévisions : parues en août dernier***, elles prédisent que pour chaque 10 cm d’élévation de la montée de eaux, 7 000 constructions à l’échelle nationale seraient exposées au risque de submersion, soit une perte en valeur estimée à 2,5 Mds de dollars australiens.
 
* Le scénario « 8.5 » est le plus pessimiste du GIEC (Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat). Il prédit jusqu’à une élévation du niveau moyen des mers de l’ordre de 1,50 mètre d’ici à 2100  à l’échelle du globe si les émissions de GES continuent au rythme actuel. Source « The Ocean and Cryosphere in a Changing Climate », Summary for Policymakers, Sept. 2019, rapport du GIEC, p. SPM-38.
 
** Invading Seas, Neville Peat, 2018, Cuba Press

*** New reports highlight flood risk under climate change, National Science Challenges

© ATLAS PHOTOGRAPHY / SIPA