La nouvelle renaissance italienne

Carlo Bevilacqua, témoin de l’optimisme italien
Published in the dossier of décembre 2020

Bio

C’est par hasard que Carlo Bevilacqua est arrivé à la photo. Jeune, il fréquente de nombreux artistes, et la photographie se révèle être le média qui lui correspond le mieux. Il se souvient encore de son premier cliché : la réflexion de la lumière sur une flaque d’eau dans la rue. 
Le photographe français Robert Doisneau est alors son modèle.
Mais c'est avant tout les peintres classiques qui l'inspirent. Il part travailler à Palerme, puis à Milan, aussi bien dans la publicité qu'en reportage pour  les médias et réalise également des documentaires pour la télévision.

Durement touchée en mars dernier par la pandémie de la Covid-19, l'Italie ne baisse pas les bras. Malgré un confinement très strict, son économie tient le choc grâce à la capacité d'adaptation de ses secteurs clés : le design, l'alimentation, la mode, le marbre, l'automobile… Produire malgré tout, y mettre toute son énergie et toute son ingéniosité, pour ne pas laisser mourir ces fleurons italiens. Continuer, oui, mais pas au prix d'une nouvelle flambée de l'épidémie. Pour recommencer à produire, il a fallu s'adapter. Certains modifient l'organisation du travail, en faisant travailler une partie des ouvriers le matin et l'autre l'après-midi, afin de respecter une distanciation suffisante. D'autres mettent en place un financement participatif pour acheter des respirateurs artificiels pour l'hôpital local. Relancer l'industrie, c’est aussi prospecter de nouveaux marchés, comme en Russie ou en Chine. Malgré les circonstances difficiles, l'énergie et l'optimisme sont au rendez-vous. La renaissance, en Italie, est une tradition.

Ce reportage est né pendant le premier confinement, en mars.

« Beaucoup de photographes montraient les aspects dramatiques de l'épidémie, raconte Carlo Bevilacqua. Je voulais donner à voir un point de vue différent, comme les mesures prises pour affronter la Covid-19. Je voulais aussi comprendre comment les gens touchés par cette crise pouvaient rebondir après avoir vécu des choses si terribles. »

Surprise : les personnes qu'il rencontre sont très positives. Préoccupées certes, mais prêtes à relever le défi posé par cette situation inédite. Impressionné, le photographe décide de montrer cette lutte, en parcourant le pays. Un reportage réalisé dans des conditions très étranges, entre rues désertées et autorisations de photographier obtenues de haute lutte en raison des risques de contamination.

Carlo Bevilacqua aime photographier en lumière naturelle... Une chance, ces industries n'en manquent pas ! Il discute longuement avec les salariés, leur demande d'expliquer leurs gestes, les différentes phases de leur travail, mais aussi ce qu'ils ressentent.

Chercher l’humanité

Ce reportage n'est pas représentatif des sujets qu'il traite régulièrement. Mais au printemps dernier, impossible de proposer ses thèmes fétiches : la pandémie était dans toutes les têtes et sur toutes les lèvres. Alors, à l'image des travailleurs qu'il a photographiés, Carlo Bevilacqua s'est adapté.

« Habituellement, je me passionne pour la fluidité de genre dans les cultures traditionnelles, indique-t-il. Je fais des reportages sur ces cultures en Inde, au Panama, au Mexique. »

Il fait également des reportages sur des communautés utopistes, des ermites.

« On trouve beaucoup d'humanité chez ces personnes, souligne-t-il. J'aime travailler sur les nuances et les gens "borderline", montrer le monde d'un autre point de vue. La photographie est pour moi le moyen de mieux connaître la planète où je vis. »

Pas étonnant qu'un photographe qui s'intéresse plus particulièrement aux personnes atypiques ait su aussi bien saisir une situation elle aussi hors norme !