Return to my selection
27 février 2018

Les océans en apnée

Une étude scientifique internationale, publiée dans la revue américaine Science, sonne l’alerte : la part des eaux océaniques totalement dépourvues d’oxygène a quadruplé depuis 1950.

L’étude précise que dans la même période, le nombre de zones marines côtières en hypoxie (présentant un taux d’oxygénation très faible) a été multiplié par dix. L’équipe scientifique en a répertorié 500  alors qu’elles n’étaient que 50 en 1950. La raison principale invoquée : le rejet des eaux usées non traitées et des fertilisants.
 
Selon les auteurs de cette publication*, l’augmentation des zones dépourvues d’oxygène situées en haute mer** est essentiellement liée à la consommation des énergies fossiles. A l’échelle de la planète, leur combustion provoque le réchauffement des masses d’eau. L’élévation de la température entraîne une diminution de l’oxygène dans l’eau, conduisant progressivement à l’asphyxie de la biodiversité marine.
 
À terme, souligne l’étude, toutes ces zones en manque partiel ou total d’oxygène pourraient engendrer une extinction massive des espèces marines. 
 
Denise Breitburg, du Smithsonian Research Center, reste cependant optimiste : « C’est un problème qui peut se résoudre. Stopper le dérèglement climatique exige surtout un effort global, mais mener des actions locales contribue à enrayer le déclin de ces zones appauvries en oxygène et nutriments. » La spécialiste en écologie marine et des estuaires cite l’exemple de la baie de Chesapeake sur la côte Est des États-Unis et celui de la Tamise, en Angleterre, où de meilleures pratiques agricoles et de gestion des déchets ont porté leurs fruits.

 
 

*© By Denise Breitburg, Lisa A. Levin, Andreas Oschlies, Marilaure Grégoire,  Francisco P. Chavez, Daniel J. Conley, Véronique Garçon, Denis Gilbert, Dimitri Gutiérrez,  Kirsten Isensee, Gil S. Jacinto, Karin E. Limburg, Ivonne Montes, S. W. A. Naqvi, Grant C. Pitcher, Nancy N. Rabalais, Michael R. Roman, Kenneth A. Rose, Brad A. Seibel, Maciej Telszewski, Moriaki Yasuhara, Jing Zhang. Revue Science, 5 janvier 2018.
*L’étude détaille, carte à l’appui, ces zones marines qui occupent désormais une superficie équivalente au continent européen, soit 10 millions de km2 environ.

 

© Varley - SIPA