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28 mars 2018

Perturbateurs endocriniens (PE) : le devoir de vigilance

Un rapport d’évaluation rédigé par trois institutions françaises* s’interroge sur la stratégie nationale à mener concernant la présence dans une majorité de produits et d’objets de consommation courante de ces substances chimiques qui affectent le système hormonal des êtres vivants.

En évaluant la mise en œuvre de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) au cours de ces trois dernières années, le rapport émet de nouvelles propositions concernant cet enjeu majeur de santé publique.
 
 Leurs auteurs proposent de relancer une nouvelle programmation stratégique autour de 5 axes :
            - développer la recherche,
            - renforcer la surveillance sanitaire et environnementale,
            - caractériser les dangers,
            - gérer les risques,
            - former, sensibiliser et informer.
 
Le rapport déplore certaines insuffisances : la thématique des perturbateurs endocriniens n’a pas encore trouvé sa place dans la recherche ; le programme d’expertise lancé n’a pas été en mesure d’évaluer les dangers et les risques de certaines substances chimiques présentes dans les produits cosmétiques et d’en mesurer les effets cumulés dans l’organisme (l’effet cocktail) ; le manque constaté de soutien public pour accompagner les démarches industrielles de substitution et pour déployer des actions d’information.
 
Le rapport note cependant plusieurs réussites : la SNPE a permis de porter la question des perturbateurs endocriniens dans le débat public, de mobiliser les territoires, de mettre en place des indicateurs de référence, d’assurer une formation continue auprès de professionnels de la santé et d’affirmer la volonté de la France de parvenir à une définition européenne des PE.
 
 
* Les Inspections générales des affaires sociales (IGAS), du Conseil général de l’environnement et du développement durable et du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux. Rapport remis le 1er février 2018, à la demande de leurs ministères de tutelle respectifs.

 

© Florence Dumas - SIPA