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31 juillet 2019

Garantir le droit des peuples indigènes à disposer d’eux-mêmes contribue aux solutions climatiques

Le Global Landscape Forum (GLF*) prépare un document cadre qui devrait aider les peuples autochtones à mieux préserver leurs territoires. Ces espaces constituent un immense capital forestier, qui joue un rôle essentiel dans la régulation du climat terrestre. Ce document sera présenté à la prochaine COP 25**, au Chili.

25 % des émissions mondiales de CO2 peuvent être attribuées à la gestion anthropique des sols : agriculture et élevage principalement. Alors même que la continuelle conversion forestière en terre agricole ou en plantation dans le monde aggrave l’effet de serre anthropique. C’est surtout en zones tropicales que la déforestation sévit, là où se trouvent l’essentiel des territoires des peuples autochtones***. Ces territoires sont majoritairement constitués de grandes forêts et couvrent encore 40 % de la planète. Ils sont autant de puits de carbone, indispensables à la régulation de l’effet de serre planétaire.
 
Aussi, garantir que ces peuples puissent continuer à exploiter leurs terres selon leurs savoir-faire ancestraux reste une priorité pour le GFL : « Lorsque les communautés locales ont autorité pour gérer leur propre patrimoine forestier et agricole, souvent le rythme des déforestations ou des dégradations des forêts ralentit », remarque le directeur général du Centre de recherche forestier international (CIFOR), Robert Nasi.
 
Les 22 et 23 juin derniers à Bonn (Allemagne), dans le cadre des réunions préparatoires à la COP 25 , le GLF a donc proposé un document cadre, le « Gold Standard on Indigenous Rights ». L’objectif n’est plus de faire des lois supplémentaires pour protéger ces populations, mais de garantir leurs droits fonciers en faisant réellement appliquer les lois en vigueur.
 
Ce document, en cours d’élaboration, a été initié par 600 délégués de 83 pays, venus à Bonn pour l’occasion. Il sera finalisé au Ghana, fin octobre, dans le cadre d’une seconde réunion internationale, puis présenté à la 25e Conférence pour le climat de l’Organisation des Nations unies (ONU), qui se déroulera du 2 au 13 décembre au Chili.
 
 
*Le Global Landscape Forum est une plateforme internationale créée en 2013, dédiée à la gestion durable des sols, dans le cadre des Objectifs du développement durable (ODD) et de l’Accord de Paris (COP21). Elle regroupe à ce jour 4 400 organisations et est animée par le Centre de recherche forestière internationale, le CIFOR.
 
** 25e Conférence des Parties (Conference of Parties, COP 25).
 
***D’après le CIFOR, ces peuples représentent 6 % de la population mondiale. Présents dans 90 pays, ils offrent un fort capital culturel : 5 000 cultures indigènes pour 6 700 langues parlées encore de nos jours.

© BRUWIE / SIPA