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23 avril 2019

La pollution plastique des océans en passe de doubler en 2030 si rien ne change

L’essor continu de l’industrie du plastique devrait impacter directement les océans, menaçant la faune et la santé humaine. Dans son dernier rapport* "Pollution plastique, à qui la faute ?", le WWF (Fonds mondial pour la nature) en appelle à l'action collective — industriels, gouvernements et citoyens — pour enrayer cette crise planétaire.

La moitié du plastique produit depuis 1950 l’a été entre 2000 et 2016. Une production qui pourrait faire un bond de 40 % d’ici à 2030, selon le WWF.  Or près de 50 % du plastique produit est destiné à la fabrication de produits dont la durée de vie n’excède pas 3 ans.
 
La production de plastique absorbe chaque année 4 % de la demande totale de pétrole et de gaz, pour un coût en capital naturel** du plastique estimé à 8 milliards de dollars (US) par an. Pour autant, le coût de la pollution plastique n’est pas supporté par l’ensemble des acteurs tirant des profits de la production de l’utilisation de cette matière.
 
Quand on sait que  la gestion de 37% des déchets plastiques est inefficace, on comprend comment chaque année, un tiers de ces déchets - soit 100 millions de tonnes - se transforme en polluant terrestre ou marin.
 
Seuls 20 % des déchets plastiques sont collectés pour être recyclés et, en Europe, près de la moitié est perdue lors du recyclage***. Pour autant, un développement du recyclage est possible, à condition d’améliorer le tri à la source, et d’augmenter les économies d’échelle.
 
Pour sortir du statu quo, le scénario « zéro plastique dans la nature » d’ici à 2030 existe. À trois conditions : réduire de 28 % la production, éliminer progressivement le plastique à usage unique et collecter 100 % des déchets pour en recycler 60 %.
 
Un scénario viable s’il est porté par trois acteurs : les gouvernements, à travers la négociation d’un traité international juridiquement contraignant ; les entreprises, par la réduction en priorité du plastique excessif et inutile ; les citoyens, qui se mobilisent et font pression sur les deux autres acteurs.
 
 
*Rapport WWF "Pollution plastique, à qui la faute ?"
** Le capital naturel regroupe l’ensemble des ressources naturelles utiles directement aux hommes ou qu’il peut exploiter techniquement et économiquement.
*** Source WWF, rapport Op. cit, p.9

© Getty Getty Image