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13 mars 2018

Peu de matières plastiques dérivent en mer Rouge

Des scientifiques de la King Abdullah University of Science & Technology (en Arabie saoudite) ont voulu évaluer le niveau de pollution plastique de la mer Rouge. Bonne nouvelle : cette pollution est relativement faible *. Explications.

L’étude menée en 2016 et 2017 par l’océanographe Carlos Duarte et ses collègues s’appuie sur 120 points de collecte répartis sur 1 500 km de littoral. Selon les scientifiques, les concentrations de résidus plastiques récupérés sont relativement faibles à proximité des côtes, à l’exception  d’une d’entre elle, située à 300 kilomètres au sud de Sharm El Sheikh. Les trois quarts de ces résidus plastiques sont composés de fragments d’objets cassés. Seuls 6% d’entre eux proviennent de filets de pêcheurs et 4% sont constitués de mousses.
 
Deux hypothèses pourraient expliquer ces résultats :
– les zones arides bordant cette mer étant très peu peuplées, excepté la ville de Djedda (2,8 millions d’habitants), peu de matières plastiques y sont produites et/ou utilisées ;
– les fleuves qui alimentent le bassin versant de la mer Rouge ont des débits très irréguliers, limitant ainsi les flux des détritus. En moyenne, précisent les scientifiques, dans les autres parties du monde 10 à 50% des déchets drainés par les fleuves finissent à la mer.
 
Les scientifiques soupçonnent cependant la présence de plastiques dits « manquants »** dans les mangroves et les récifs coralliens présents en mer Rouge ; ils seraient piégés dans les racines des palétuviers puis en partie avalés par les nombreux organismes marins qui les habitent. Carlos Duarte rappelle que « le problème de la pollution plastique en mer reflète surtout nos habitudes de consommation et [que] la solution consiste à en limiter l’usage au quotidien ».
 
 
* « Low Abundance of Plastic Fragments in the Surface Waters of the Red Sea » Elisa Martí1*, Cecilia Martin2, Andrés Cózar1 and Carlos M. Duarte2
** “missing” plastic.

 

© CATERS - SIPA