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19 avril 2018

Le destin incertain du manchot royal

Une étude scientifique internationale* alerte sur les conséquences du réchauffement de l’océan Austral : face à la possible disparition brutale de ses traditionnelles niches écologiques, le manchot royal risque de s’éteindre.

Le réchauffement climatique, conjugué à la fragmentation progressive des écosystèmes menacent la survie de nombreuses espèces vivantes et la biodiversité. Selon les auteurs de l’étude, c’est particulièrement vrai pour le manchot royal (Aptenodytes patagonicus).
 
Si le pire scénario climatique, le RCP 8,5**, se réalisait 1,6 million d’oiseaux, soit 70 % des  couples nicheurs actuellement recensés en Antarctique,  pourraient disparaître ou être contraints de changer brusquement d’habitat d’ici la fin du siècle.
 
Les scientifiques s’inquiètent de l’acidification progressive des océans*** qui entraîne à brève échéance la disparition du krill antarctique, une nourriture vitale pour ces oiseaux. La surpêche dans ces zones encore poissonneuses accélère la raréfaction dela ressource halieutique nécessaire à leur alimentation. Chaque année, le manchot royal parcourt des distances toujours plus grandes pour nourrir sa progéniture au risque d’en mourir d’épuisement.
 
 
*© Robin Cristofari, Xiaoming Liu, Francesco Bonadonna, Yves Cherel, Pierre Pistorius, Yvon Le Maho, Virginie Raybaud, Nils Christian Stenseth, Céline Le Bohec & Emiliano Trucchi. « Climate-driven range shifts of the king penguin in a fragmented ecosystem » Nature Climate Change, vol. 8, March 2018
 
** Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a établi quatre trajectoires planétaires d’émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à la fin du siècle. Ces scénarios (les « RCP », Representative Concentration Pathway) tiennent compte des actions humaines qui seront prises pour lutter contre le réchauffement climatique. Le scénario dit « RCP 8.5 » (Business As Usual), le pire des quatre, correspond à la prolongation des émissions de GES actuelles, soit une augmentation moyenne estimée de la température terrestre d’au moins 3° à 3,5° C d’ici à 2100.
 
***Les océans absorbent un quart du CO2 produit par l’homme, avec pour conséquence une acidification des océans, empêchant alors les plantes comme les animaux de construire leur squelette. Source Institut océanique, Fondation Albert Ier, prince de Monaco.

 

© Carlos Osario - AP - SIPA