Une famille au complet

Galerie

Bangladesh Plastic city

Dans le quartier d’Islambagh, un bidonville de 10 000 habitants a développé toute une activité économique autour du recyclage du plastique. Celle-ci est organisée comme une véritable industrie : il y a ceux qui transportent et ceux qui trient et sèchent le plastique, ceux qui le fondent pour produire un nouveau matériau, ou encore ceux qui fabriquent de nouveaux objets. Il y a aussi des contremaîtres, des responsables des comptes, et même des chargés de la qualité. Les conditions de travail y sont particulièrement difficiles : la sécurité et l’hygiène sont défaillantes, des quantités considérables de déchets occupent les rues, le revenu n’excède pas 2 € par jour et ne suffit pas à sortir les travailleurs de la grande pauvreté…
La dynamique qui s’est amorcée ici peut néanmoins constituer une graine d’espoir : l’économie informelle, bien accompagnée, peut apporter une contribution décisive pour relever le défi plastique.

Bio

Très jeune, Jules Toulet se prend de passion pour la photo lors de son premier voyage à Varanasi (ex- Bénarès), en Inde. Il a 20 ans et devient reporter indépendant. Parallèlement, il travaille dans un laboratoire photo à Bruxelles, où il réalise des tirages argentiques ou numériques, organise des expositions… Il est également photojournaliste pour la presse belge.

Jules Toulet, l'amoureux du Bengladesh

Dès son plus jeune âge, Jules Toulet est attiré par le souscontinent indien. Il y a effectué de nombreux reportages sur des sujets de société comme l’impact de la montée des eaux ou l’industrie textile. Si Jules est très sensible aux questions écologiques, c’est pourtant par hasard qu’il a découvert le bidonville d’Islambagh, lors d’une promenade au bord de la rivière Buriganga.

« J’ai approfondi avec un interprète, et suis allé de surprise en surprise en découvrant qu’un quartier entier vivait du recyclage », se souvient-il.

Ils sont plus de 10 000 à travailler autour du plastique, pour beaucoup d’entre eux dans la chaleur et les vapeurs toxiques, quelques-uns sur des machines modernes. Les objets produits sont destinés au marché local comme à l’exportation.

L’oeil de Jules Toulet se veut « humaniste, tout en gardant de la distance avec les sujets. Je fuis le larmoyant et le dramatique, j’essaie d’être à la fois neutre et humain ».

Pour ce reportage, le photographe a plus que d’habitude travaillé la prise de vue et la postproduction.

« J’ai varié encore davantage mes angles. Et comme il y a beaucoup de photos en intérieur, j’ai toujours recherché des sources de lumière suffisante. »

D’où ces très belles photos en clairobscur, où l’esthétique ne prend pourtant jamais le pas sur l’information.