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17 juin 2020

Un projet utilise la crypto-monnaie pour encourager le recyclage des plastiques en Uruguay

« Plasticoin » est une expérience menée dans une station balnéaire d’Uruguay. En échange de l’apport de déchets en plastique à un point de collecte, les participants reçoivent des bons de réduction sous forme de monnaie virtuelle, le bitcoin, à valoir chez des commerçants partenaires.

« Notre mission, c'est que la plage soit propre », explique Juan Rivero. Cet informaticien de 34 ans est à l’origine, avec Nicole Wyaux, dessinatrice industrielle de 32 ans, du projet de collecte de plastique « Plasticoin », encore au stade du pilote dans ce pays de 3 millions d'habitants. En Uruguay, sur les 35 % de plastiques collectés pour le recyclage, seuls 12 % parviennent jusqu'aux usines de recyclage. « La raison ? Le phénomène de contrebande ainsi qu’un manque de contrôle, » selon Federico Baraibar, responsable de l’association professionnelle Cempre.
 
Lancé sur la plage de San Francisco, dans la station balnéaire de Piriápolis (à l’Est du pays), le projet invite les participants à s’enregistrer sur Internet, avant de venir déposer leurs déchets dans l’un des trois postes de collecte mis à disposition. Là, une balance électronique suspendue sert à la pesée. Un kilo de déchets plastique ménagers est rétribué 100 plasticoins, tandis qu’1 kg de déchets collectés sur la plage grimpe à 200 plasticoins. Quant au kilo de micro-déchets (inférieurs à 0,5 cm de diamètre) il s’envole à 400 plasticoins.
 
Au lancement du projet, qui a reçu une subvention gouvernementale de 5 000 dollars US, Juan et Nicole espéraient convaincre une centaine d'utilisateurs en quatre mois. Il leur a fallu en réalité moins de vingt jours pour en mobiliser près d'un millier ! Parmi eux, Graciela Martinez, 50 ans : « C'est intéressant de recycler, pour soi, pour ses enfants et petits-enfants », estime-t-elle. Avec ses plasticoins, virés directement sur son mobile, elle bénéficie de réductions et remises dans des restaurants et boutiques partenaires (coiffeurs, glaciers, écoles de surf…).
 
Pendant la saison estivale, Piriápolis et sa zone d'influence accueillent quelque 250 000 touristes étrangers, en plus de la population locale. « La mauvaise gestion des déchets en plastique provoque une pollution marine qui atteint nos côtes. Notre action doit permettre que la plage ne soit pas souillée », explique Nicole. Mario Invernizzi, maire de la ville, voit d’un bon œil ce projet qui complète les actions de collecte municipales.
 
Parmi les premiers utilisateurs de Plasticoin, Gustavo Abiega, 43 ans, reconnaît que c’est moins la monnaie virtuelle qui l'intéresse que la propreté de la plage, « qui fait partie de sa vie »…

 
Source : https://news.yahoo.com/uruguayan-project-uses-virtual-money-encourage-plastic-recycling-181257250.html?guccounter=1

© PABLO PORCIUNCULA BRUNE / AFP