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6 juin 2018

Une enzyme gloutonne pour recycler les bouteilles plastiques

La découverte, par hasard, d’une bactérie dévoreuse de plastique dans une décharge au Japon en 2016, a permis à des chercheurs d’identifier l’enzyme capable de cette digestion. En la synthétisant, ils ont amélioré ses performances, accélérant de fait sa capacité à recycler des emballages en plastique encore très difficiles à dégrader.

C’est en modélisant l’enzyme naturelle de la bactérie Ideonella sakaiensis 201-F6 qu’une équipe britanno-américaine* en a créé une nouvelle, baptisée PETase. Cette protéine synthétique est capable d’ingérer plus rapidement le Polyéthylène Téréphtalate (PET), principal composant de la plupart des bouteilles en plastique, un polymère qui persiste dans l’environnement durant plusieurs centaines d’années.
 
Une fois optimisée, cette invention permettrait de réduire le nombre des étapes actuellement nécessaires au recyclage des emballages en plastique.
 
Aussi ingénieuse soit-elle, elle n’en est cependant qu’au stade du laboratoire. L’enzyme PETase devra être encore plus performante (à ce stade, elle n’ingère que 3 mg par 24 heures) et développée à un coût compétitif pour être industriellement intéressante. Par ailleurs,  si les conditions sont réunies pour une production à grande échelle, il faudra veiller à éviter sa prolifération dans la nature.
 
 
 
 
 
 
*© Pr John McGeehan de l’Université de Portsmouth (Grande Bretagne) et Dr Gregg Beckham du laboratoire national des énergies renouvelables du département américain de l’énergie (National Renewable Energy Laboratory). Article publié dans les Comptes-rendus de l’Académie nationale des sciences américaines (Proceedings of the National Academy of Sciences, PNAS, April, 16 2018) 

 

© Chine nouvelle - SIPA