Plastiques recyclés

Interview avec Christophe Maquet

Une culture et une réglementation pro-recyclage

Christophe Maquet, directeur Énergie, Déchets et Eaux industrielles - Veolia au Japon

Christophe Maquet

Veolia au Japon s’est doté en 2016 d’un département Recyclage des plastiques… Dans quel contexte s’inscrit cette initiative ?

Rappelons que Veolia au Japon a été créé en 2002, avec pour seule activité la gestion de l’eau municipale, voire industrielle. En 2014, nous avons démarré notre développement hors de l’activité Eau. D’abord avec la montée en puissance de l’activité Énergie sur les projets biomasse. Ensuite avec l’ouverture du marché des déchets. Le positionnement mondial de Veolia dans le domaine du recyclage des plastiques a trouvé une résonance au Japon, un pays où le taux de recyclage est bien supérieur à celui de l’Europe. En 2016, Veolia a acquis trois sociétés auprès d’un même groupe pour déployer cette activité. Historiquement, le Japon privilégie deux filières de recyclage : l’incinération et le traitement mécanique. La mise en place en 2000 de la politique des 3R – Réduire, Réutiliser, Recycler – s’est accompagnée d’un taux de collecte de déchets très important, faisant perdre des parts de marché à l’incinération. Une belle opportunité pour Veolia qui peut ainsi espérer augmenter mécaniquement le volume de matière à recycler dans un marché strictement réglementé.

Hormis son savoir-faire industriel, que peut apporter Veolia dans ce pays pionnier ?

Au Japon, nous vivons un paradoxe en termes de consommation de plastique. L’obsession de l’emballage impeccable fait que presque tout est emballé, même les fruits à l’unité, et parfois avec plusieurs couches. Ce pays porté sur le recyclage et la règle des 3R n’arrive pas à intégrer le fait qu’il faut dès l’origine moins consommer de plastique. On est sur un changement de mentalité qui prendra du temps ! Dans ce contexte, la pédagogie et la prise de conscience de la population et des décideurs publics et privés est l’une des préoccupations de Veolia. Nous agissons en ce sens, comme via notre partenariat avec l’expédition Tara, qui est venue deux fois au Japon. En 2017, Tara a réalisé une dizaine d’escales dans différents ports du pays à la rencontre de la population, notamment des écoliers. À chaque escale, Veolia a organisé des visites à bord avec des collaborateurs, des partenaires et des clients locaux pour les sensibiliser à la pollution plastique des océans.

Sur la zone Asie, quel rôle joue le Japon en matière de gestion des déchets plastiques ?

Un rôle majeur, d’autant que la haute qualité de sa matière première plastique est largement reconnue dans le monde. Les flux de déchets plastiques sont importants entre les pays asiatiques. Or, en janvier 2018, le gouvernement chinois a promulgué le “Chinese ban” qui interdit l’entrée sur son territoire d’une certaine qualité de déchets plastiques et de plastiques triés. Avec un impact important pour le Japon qui doit faire face à une augmentation sensible du volume de déchets plastiques à recycler sur son sol.

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