« Renaturer » la planète pour sauver les espèces et le climat

Crédit photos :  Un tamarin-lion doré, une des espèces emblématiques du Brésil, en danger d'extinction.  Antonio Lacerda/EFE/SIPA

Restaurer un tiers des paysages les plus dégradés de la Terre pourrait suffire à freiner l’extinction des espèces, tout en séquestrant la moitié du CO2 émis dans l’atmosphère depuis le début de la révolution industrielle. Ce sont les conclusions d’un article publié dans la revue Nature par une équipe de scientifiques internationaux. Ceux-ci ont repéré des possibilités de restauration des paysages sur tous les continents, des forêts tropicales aux zones humides côtières en passant par les plaines tourbières. 

« Nous avons été surpris par l’ampleur de nos observations, et par l’énorme différence que peut faire la restauration », a déclaré au Guardian Bernardo Strassburg, de l’Université catholique pontificale de Rio de Janeiro et auteur principal de l’article. 

Aujourd’hui, 1 % seulement du financement consacré à la lutte contre le changement climatique va à la restauration de la nature. Or d’après l’étude, les « solutions basées sur la nature » comptent parmi les moyens les moins chers pour absorber et stocker le dioxyde de carbone contenu dans l’atmosphère. 

Planifier la restauration

Restaurer la nature ne doit pas se faire au détriment de l’agriculture ni de la production alimentaire, avertissent les auteurs de l’article : « Si la restauration n’est pas planifiée, elle peut provoquer des risques pour l’agriculture et le secteur alimentaire. Mais si elle est bien pensée, elle peut augmenter les rendements agricoles. Nous pouvons produire suffisamment de nourriture pour l’ensemble de l’humanité tout en restaurant 55 % des terres agricoles. »

L’étude indique également que planter des arbres, la solution basée sur la nature la plus populaire jusqu’à présent, n’est pas toujours le meilleur moyen pour préserver la biodiversité et stocker le carbone. Les tourbières, les zones humides et les savanes abritent également une multitude d’espèces uniques et peuvent stocker de grandes quantités de carbone. 

La façon de restaurer les écosystèmes compte cependant autant que le lieu et la quantité de restauration. « Planter des arbres dans des zones où les forêts n’existaient pas auparavant atténue le changement climatique mais au détriment de la biodiversité », prévient Bernardo Strassburg. 

Sources : 

« Global priority areas for ecosystem restoration », Nature, 14 octobre 2020 www.nature.com/articles/s41586-020-2784-9

« Rewild to mitigate the climate crisis urge leading scientists », The Guardian, 14 octobre 2020 www.theguardian.com/environment/2020/oct/14/re-wild-to-mitigate-the-climate-crisis-urge-leading-scientists