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26 mai 2017

Barrage d’Assouan : préserver la ressource en eau devient urgent

Une étude scientifique allemande montre que l’élimination des sédiments accumulés dans le lit du lac Nasser* limiterait l’évaporation de ses eaux. . Dans cette région, les pertes d’eau dues à la fois au cumul sédimentaire et à la sécheresse récurrente menacent les ressources énergétiques et l’irrigation.

 

Assouan
© Frilet / SIPA

L’étude démontre que la masse sédimentaire accumulée (6, 6 milliards de mètres cubes) réhausse inexorablement le lit du lac artificiel (5 250 km2)  depuis la création du barrage d’Assouan, il y a 50 ans. Conséquence : les eaux s’étalent sur les rives, ce qui accélère leur évaporation. Selon le ministère égyptien de la ressource en eau et de l’irrigation, le taux des pertes d’eau d’ici la fin du siècle pourrait être de 3 à 10% supérieur à celui constaté durant ces 30 dernières années.
 
Dans un premier temps, les quatre chercheurs allemands** ont modélisé les mouvements et le volume de ces dépôts formés au fond du lac. Ils ont ensuite proposé une simulation tenant compte de l’élimination de cette masse sédimentaire en obtenant le résultat suivant : le réservoir verrait sa surface réduite de 335 km2, ce qui équivaudrait à une diminution de l’évaporation de 6,5 % à horizon 2100.

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* La partie égyptienne du réservoir du barrage s’appelle le lac Nasser, soit 83% de la surface totale de la retenue d’eau. La partie soudanaise se nomme le lac Nubia.
** Emad Elba, Bernd Ettmer et Dalia Farghay, LEUPHANA, University of Lünebourg et Dalia Fraghaly, University of Applied Sciences Magdeburg-Stendal de Magdeburg.