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20 juin 2018

Les disparités géographiques de la ressource en eau s’accentuent

En croisant des données satellitaires avec des statistiques sur les activités humaines, des scientifiques américains ont noté de profonds changements dans le cycle hydrologique planétaire, non sans conséquences sur les disparités d’accès à la ressource en eau.

L’étude* s’appuie sur de nombreuses observations satellitaires, et notamment sur les données relevées pendant quatorze années dans 34 régions du monde par la mission GRACE**.
 
En analysant les grandes évolutions hydriques (gisements d’eau douce) de la planète, les chercheurs constatent que les zones humides le deviennent davantage dans les hautes latitudes et sous les tropiques. En parfaite opposition, la sécheresse des zones situées entre ces deux parties du monde s’accentue, asséchant les réserves d’eau douce situées dans leur sous-sol.
 
« Une tendance qui bouleverse la répartition géographique des gisements d’eau douce disponibles sur la planète, explique Matt Rodell, de la NASA (National Aeronautics and Space Administration), qui a mené l’étude. L’enjeu de ces travaux était de distinguer les causes de ce bouleversement ; celles dues aux variations naturelles déclenchées principalement par les phénomènes El Niño et La Niña, de celles attribuées à l’impact des activités humaines », détaille le chercheur américain.
 
Les conséquences sur les accès à la ressource en eau seront notables, qu’il s’agisse de l’accès à l’eau potable ou à l’eau à usage agricole, précise encore l’étude.
 
 
*Emerging trends in global freshwater availability, Nature, 16 mai 2018
** GRACE (Gravity Recovery And Climate Experiment) est une mission dite jumelle suite à l’envoi de deux satellites jumeaux d’observation terrestre en 2002. Leur objectif : mesurer les variations de la gravité terrestre, ce qui permet notamment de mieux appréhender les transferts planétaires de masses d’eau (calottes glaciaires, eaux continentales, océans).

 

© Didier Olivré Photothèque Veolia