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7 janvier 2020

Crise de l’eau : le Grand barrage Renaissance, point de discorde entre l’Égypte et l’Éthiopie

Pour l'Égypte, dont 97 % de l’approvisionnement en eau dépend du Nil, maintenir la stabilité du fleuve est une question de survie. Une stabilité qui pourrait être mise en péril par l’ouverture en 2020 de la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique, en Éthiopie.

La crise de l’eau qu’affronte l’Égypte depuis plusieurs décennies ne cesse de s’aggraver, sous l’effet combiné de la croissance démographique, des conséquences du changement climatique, mais aussi de l'urbanisation galopante et d’une économie principalement fondée sur l'agriculture*.

 

Initié par l’Éthiopie en 2011 sur l'affluent du Nil Bleu (Bahr el-Azrak), d'où jaillissent 85 % des eaux du Nil, le Grand barrage Renaissance fait craindre à l’Égypte une perte de la maîtrise de cette artère vitale. Car ce projet pharaonique** est celui de la construction de la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique, qui doit être achevée courant 2020. Avec une capacité de production de 6 000 mégawatts d'électricité, le barrage devrait permettre à  l'Éthiopie de sortir d’une situation de pénurie : aujourd’hui, 65% de sa population n’est pas raccordée au réseau. 

 

Mais si le débit du Nil venait à baisser, le lac Nasser — réservoir produisant la majeure partie de l'électricité de l’Égypte — pourrait être impacté. Le transport de marchandises sur le Nil, mais surtout les moyens de subsistance des agriculteurs qui dépendent de l'eau pour l'irrigation, pourraient aussi être affectés significativement. La vitesse de remplissage de cette centrale hydroélectrique — soit un réservoir de 79 milliards de mètres cubes — est ainsi devenue un point de discorde majeur entre les deux pays : plus le réservoir du barrage sera rempli rapidement, plus le débit du fleuve en aval sera réduit. 

 

L’Éthiopie envisage de mener à bien cette opération sur une période de 4 à 7 ans, tandis que l'Égypte, qui redoute une prise de contrôle du débit du fleuve, plaide pour un délai de 10 ans. Une option qui amortirait une baisse importante et soudaine du niveau du fleuve.

 

Les deux pays espèrent parvenir à une sortie de crise au plus tard le 15 janvier 2020, grâce à des pourparlers entamés sous l’égide des États-Unis.

 

* 25,8% de la population égyptienne travaille dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche (source expert-comptable international/économie, (2015)

** Projet chiffré à 4 milliards de dollars, financé par des obligations d'État et des fonds privés, sans aide extérieure

 

Sources : 

 

https://uk.news.yahoo.com/water-crisis-builds-egypt-dam-010751173.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cubmV0dmliZXMuY29tL2Rhc2hib2FyZC85ODQ4OTYxOA&guce_referrer_sig=AQAAAIptXj99asNd1uPYIhozxyu7znNj5x6KRZ1-wTzyyyybFkOfCsG7xwg2VQfbgpdq-87xO_MDTnTSDJHxm_IvrG2z-KywP-NfsnX0PfBIkj1BeEzizLj06jzOvUIdKg57SvpdIB3OEjmMfFATD-R7zunscNVcquQR9VuGI6pF-5la

 

https://www.bbc.com/afrique/region-50331931

 

https://blogs.mediapart.fr/annicklabeca/blog/301019/legypte-et-la-crise-de-leau

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_l%27%C3%89gypte#Agriculture

 

 

© Elias Asmare/AP/SIPA