Santiago Cover

Santiago (Chile)

Santiago by light

À lui seul, l’éclairage représente 15 % de la consommation électrique globale et 5 % des émissions mondiales de CO2. Pourtant, si toute la planète adoptait les normes les plus strictes en la matière, la consommation d’énergie associée à cet usage pourrait diminuer de moitié. Pour y parvenir, le passage à l’éclairage à haut rendement, comme les diodes électroluminescentes (LED), est une priorité. L’ONU Environnement s’est engagée à accompagner – et à accélérer – cette transition avec la mise en oeuvre, dans les pays partenaires, d’une « politique intégrée d’éclairage efficace » développée sous l’intitulé « United for Efficiency-en. lighten ». À partir de 2013, le Chili s’est appuyé sur ce modèle pour faire évoluer le cadre légal d’utilisation des produits d’éclairage. Mais aussi sensibiliser la population, en distribuant notamment deux millions d’ampoules nouvelles technologies aux communautés à bas revenus. À la demande de l’agence Magnum, Moises Saman s’est rendu dans la capitale, Santiago du Chili, pour témoigner du lancement de cette initiative.

Ses images montrent qu’un geste aussi banal que le changement d’une ampoule a déjà le pouvoir d’améliorer le quotidien.


Au défi de l’efficacité :

Au défi de l’efficacité :

d’ici à 2025, le Chili – l’un des pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique – prévoit de réduire de 20 % ses besoins en énergie. Environ un quart de l’objectif peut être atteint à l’aide de mesures nationales en matière d’éclairage efficace (source : united4efficiency).


Engagé

Engagé

dès 2005 dans sa transition énergétique, le pays a adopté un éclairage efficace entre 2008 et 2009 : près de 3 millions d’ampoules basse consommation ont été distribuées (source : Center for Clean Air Policy - CCAP).


Santiago du Chili

Santiago du Chili


Objectif national :

Objectif national :

l’abandon total de l’éclairage à incandescence devrait réduire la consommation électrique de 2 TWh, soit l’évitement de 1 Mt de CO2 par an d’ici à 2030. Depuis fin 2015, il est en effet interdit de produire, d’importer et de vendre des ampoules à incandescence (source : ONU Environnement).


Santiago du Chili by night

Santiago du Chili by night


Partenaire

Partenaire

du programme United for Efficiency-en.lighten, le Chili s’est engagé à mettre en place des normes minimales de performance énergétique (NMPE) pour les ampoules, ainsi que des projets de démonstration pour les produits d’éclairage à haute efficacité (source : ONU Environnement).


Santiago du Chili by night

Santiago du Chili by night

Moises Saman, promeneur éclairé

BIO

Né au Pérou en 1974, Moises Saman a grandi en Europe avant de s’installer en Californie pour y étudier la sociologie. En 1998, la découverte du travail de photoreporters sur la guerre des Balkans déclenche sa vocation. Depuis, ses photos multiprimées des conflits au Moyen- Orient et des printemps arabes ont fait le tour du monde. Membre de l’agence Magnum, il vit à Tokyo et se consacre à mettre en image les problématiques des sociétés post-conflit en Asie.

 
Les images de Moises Saman sont extraites d’un travail collectif réalisé pour l’ONU Environnement : pendant plusieurs années, différents photographes de Magnum ont sillonné le monde, à la découverte de solutions locales pour lutter contre le changement climatique.

Comme Moises Saman, il faut parfois attendre l’obscurité pour voir les choses se révéler. C’est à la nuit tombée que le photoreporter s’est faufilé dans les quartiers sud de Santiago du Chili, à la rencontre des habitants de Lo Espejo. Dans cette commune défavorisée, où de nombreuses familles vivent dans l’unique pièce de leur maison de fortune, s’éclairer reste un luxe. En s’invitant dans ces foyers récemment équipés en éclairage basse consommation, Moises s’est interrogé sur leur quotidien.

« Quand il n’y a pour toute lumière qu’une ampoule à filament au plafond, il peut nous sembler dérisoire de la remplacer par un modèle moins énergivore. Mais quand on peine à joindre les deux bouts, c’est une sacrée économie », constate-t-il. Ces visages qui s’illuminent n’ont, de fait, rien d’anecdotique : ils témoignent de l’amélioration des conditions de vie. De portraits intimistes en scènes de la vie locale, le photographe a capté ces signes de changement avec la simplicité et l’intensité du noir et blanc. Pour mieux, dit-il, « se concentrer sur la vérité de l’instant », celui où tout s’éclaire : il se souviendra longtemps « de cet homme dans la pénombre de sa boutique, et de sa joie lorsqu’il a vissé l’ampoule qu’il venait de recevoir ».

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