Return to my selection
16 janvier 2019

Un smartphone recyclé, des gorilles en danger sauvés

En République démocratique du Congo (RDC) comme au Gabon, l'habitat des gorilles est menacé par l’exploitation des métaux rares tels que l’or et le coltan utilisés notamment pour la fabrication des smartphones.

Selon les estimations d'un rapport scientifique de l'université d'Australie du Sud, publié dans la revue PLOS One journal*, environ 400 millions de personnes à travers le monde détiennent un smartphone hors d’usage, dont les composants pourraient servir à fabriquer de nouveaux appareils. 

 

Le recyclage des matériaux rares qu'ils contiennent, notamment l'or et le coltan (colombite-tantalite) pourrait, d'après les scientifiques, améliorer le sort de certaines espèces de gorilles. En effet, dans l'est de la RDC, l'extraction de ces métaux destinés essentiellement aux circuits imprimés des smartphones menace depuis longtemps l'habitat des grands singes de cette région : selon l’ONG World Wide Fund for Nature (WWF), 5 000 gorilles y survivent encore, dont quelques centaines de gorilles de montagne, particulièrement menacés.  

 

"Pour 30 à 40 smartphones recyclés, on peut récupérer en moyenne un gramme d'or. Mais pour réintroduire ces métaux rares dans l’économie circulaire au lieu de les extraire dans la nature, il faut sortir de la logique d’accumulation de ces appareils inutilisés.", explique le Dr Carla Litchfield, co-auteure du rapport. 

 

"Au rythme des ventes de téléphones mobiles et de la quantité d'or requise dans certains smartphones, les réserves naturelles d'or devraient s'épuiser d'ici à 2030", prévient ainsi cette spécialiste des grands singes. 

 

Parallèlement à ce constat, l'étude souligne également que de nombreux pays sont insuffisamment équipés pour recycler ces smartphones inutilisés, et que leurs propriétaires préfèrent souvent ne pas s'en séparer afin de conserver leurs données personnelles. 

 

 

* “Recycling 115,369 mobile phones for gorilla conservation over a six-year period (2009-2014) at Zoos Victoria: A case study of ‘points of influence’ and mobile phone donations”, Carla A. Litchfield  , Rachel Lowry , Jill Dorrian, 5 décembre 2018.

 

© Zaruba Ondrej - AP - SIPA