Modifier le statut des déchets à la source pour mieux les traiter : la solution d’Ho-Chi-Minh-Ville, au Vietnam

Le département des Ressources naturelles et de l’Environnement de la ville souhaite modifier la catégorisation des déchets solides pour s’adapter aux avancées technologiques de recyclage et d’incinération. Et réduire ainsi sensiblement le volume des déchets enfouis, réelle menace environnementale et sanitaire.

La gestion des déchets solides est devenue un véritable enjeu environnemental et sanitaire au Vietnam. Le développement rapide du pays ces quinze dernières années a entraîné une hausse constante de la production des déchets solides*. La plupart d’entre eux finissent dans les centres d’enfouissement et des décharges à ciel ouvert, qui atteignent leur limite en termes de capacité d’accueil**. 

 

Ho-Chi-Minh-Ville, la capitale économique du pays, n’échappe pas à cette tendance : en 2019, elle a généré 9 500 tonnes de déchets par jour, et traité quelque 2,88 millions de tonnes de déchets solides.  

 

Les autorités de la ville ont décidé de réduire fortement le volume de déchets solides enfouis***. « Au lieu des trois catégories de déchets actuellement en vigueur, que sont les déchets organiques, recyclables et les autres, nous voulons simplifier désormais leur statut à la source en les classant en deux catégories seulement : les recyclables et les autres. Nous pourrons ainsi mieux nous adapter aux avancées technologiques en matière de tri, de recyclage et de valorisation énergétique, » détaille le directeur du département des Ressources naturelles et de l’Environnement, Mr Nguyên Toàn Thang. 

 

La proposition de ce département sera soumise au Comité populaire municipal pour approbation au cours du premier trimestre 2020.

 

D’ores et déjà, le département municipal organise des actions de sensibilisation auprès du public pour que celui-ci ne jette plus ses déchets sans discernement. 33 600 poubelles ont été installées dans les lieux publics de la ville en 2019 à cet effet.

 

** Les déchets collectés sont principalement enfouis, à un taux estimé à 76 - 82 %. Il existe 660 sites d’enfouissement couvrant 4 900 ha, dont seulement 31 % sont sanitaires (le reste sont des décharges ouvertes). Source « La gestion des déchets solides au Vietnam », Ministère français de l’Économie, février 2018

***La ville a récemment fermé 5 décharges. Elle s’apprête à faire de même pour deux autres d’ici à 2024, celles de Da Phuoc et de Binh Chanh, : ces deux dernières reçoivent actuellement plus de  5000 tonnes de déchets par jour et seront saturées à cette date.

 

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