TARA Méditerranée

Microplastiques, pollution à la dérive.
Published in the dossier of janvier 2017

 

Mission plastique :

Entre mai et novembre 2014, l’expédition Tara Méditerranée a sillonné le bassin méditerranéen sur
15 000 km, avec 16 scientifiques et membres d’équipage à son bord.

Chaque année, environ huit millions de tonnes de plastique sont rejetées en mer. Bouteilles, emballages et autres déchets s’y dégradent peu à peu en fragments minuscules, qui prolifèrent dans tous les océans. La capacité des microplastiques à pénétrer dans l’environnement et à le modifier a de quoi soulever des inquiétudes. Ingérés par la faune (plancton, poissons, oiseaux…), ils menacent toute la chaîne alimentaire. Leur abondance favorise aussi le développement d’une « plastisphère », nouvel écosystème microbien au fonctionnement méconnu. Ces résidus vagabonds sont même suspectés de transporter, au fil du courant, des organismes toxiques et pathogènes. En 2014, afin d’étudier cette pollution émergente et ses impacts, les scientifiques de la goélette Tara ont jeté leurs filets de prélèvement en Méditerranée – là où flotte la plus forte densité de microplastiques au monde. Embarquée dans l’expédition comme correspondante à bord, la journaliste reporter d’images Noëlie Pansiot a suivi une « pêche » particulièrement fructueuse en… plastique.

 

Noëlie Pansiot, sur la piste de la « plastisphère »

En embarquant à bord de Tara Méditerranée, Noëlie Pansiot escomptait une expérience particulière. Elle n’a pas été déçue : pendant plusieurs mois, la jeune journaliste a suivi une mission aussi ambitieuse que révélatrice. Partout, Noëlie a pu constater la présence de déchets. « Je me souviens d’un mouillage dans le sud de la France, à Port-Cros. Les plages de l’île étaient parsemées de cotons-tiges. Probablement jetés dans des toilettes sur le littoral, ils avaient échappé aux grilles des stations d’épuration pour venir s’échouer dans cette zone protégée. » Un détail frappant qui rappelle l’urgence d’agir, en particulier sur nos comportements. Noëlie en est convaincue, l’éducation est une priorité qui doit « privilégier l’expérience, au-delà des bancs de l’école ». Dans l’esprit des expéditions Tara, qui ont aussi vocation à sensibiliser sur le terrain, au travers de partenariats avec des ONG et de rencontres avec le public. « Lors de nos escales, chacun coiffait sa casquette de guide pour accueillir les visiteurs et leur faire partager les enjeux de nos recherches. » C’est ainsi que, pas à pas, l’information contribue à éveiller les consciences… Noëlie Pansiot creuse le sillon : elle rejoindra bientôt la mission Tara Pacific, pour suivre l’étude de la biodiversité des récifs coralliens en Asie du Sud. Un autre écosystème menacé par les activités humaines.

Bio

Noëlie Pansiot est journaliste reporter d’images et assistante réalisatrice. Elle se consacre depuis 2009 aux reportages sur le terrain et à l’organisation de séries documentaires, qui l’ont menée de la jungle péruvienne aux îles de l’Océanie en passant par les rivages du Canada.

En savoir plus

 La Fondation Tara Expéditions agit depuis 2003 en faveur de l’environnement et de la recherche grâce à un bateau mythique : Tara, conçu pour les conditions extrêmes. La Fondation organise des expéditions pour étudier et comprendre l’impact des changements climatiques sur nos océans. Elle met en place des actions visant à renforcer la conscience environnementale du grand public et des jeunes. Enfin, elle agit auprès des décideurs politiques et économiques en les incitant à développer des solutions concrètes pour préserver l’environnement.