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25 avril 2019

Le boom du trafic maritime accélère la prolifération des espèces invasives en milieu marin

Les invasions biologiques en milieu marin pourraient être multipliées par 20 d’ici à 2050, révèle une étude* publiée par des chercheurs de l’Université McGill de Montréal dans Nature Sustainability. Pas tant en raison du changement climatique qu’à cause de l’intensification du trafic maritime, qui pourrait être multiplié par 12 dans le même temps.

« Les invasions biologiques sont un facteur important des changements de la biodiversité ; elles entraînent chaque année des pertes économiques chiffrées en milliards de dollars, explique Brian Leung, professeur au Département de biologie et à l’École d’environnement de McGill.
 
Principal responsable, le transport maritime qui, en couvrant 80 % du commerce international, serait responsable de 60 à 90 % des bio-invasions marines. En effet, les espèces invasives sont soient transportées dans les eaux de ballast des navires soient introduites dans de nouveaux milieux en se fixant à la coque. « Nos modélisations montrent que le réseau maritime mondial en devenir pourrait accroître de trois à vingt fois ce risque d’ici à 2050 », poursuit Brian Leung.
 
« À défaut de mesures appropriées, on peut s’attendre à une hausse exponentielle de telles invasions, assortie de lourdes conséquences économiques et écologiques », alerte Anthony Sardain, étudiant-chercheur rattaché au laboratoire de Brian Leung.,Les coûts associés aux invasions biologiques sont aujourd’hui identifiés et des initiatives stratégiques internationales se mettent en place, à l’image de la Convention sur la gestion des eaux de ballast : entrée en vigueur en 2017, elle incite à la mise en œuvre de mesures comme l’échange des eaux de ballast – méthode qui s’est révélée efficace pour réduire les invasions dans les Grands Lacs en Amérique du Nord.
 
Pour établir leurs projections, les chercheurs ont développé des modèles informatiques reposant sur des scénarios de croissance socioéconomique établis par le GIEC** et l’ONU. « Si la fourchette est large, tous les scénarios convergent vers une hausse du transport maritime comme des invasions », conclut A. Sardain.
 
 
* Global forecasts of shipping traffic and biological invasions to 2050 – Brian Leung, Anthony Sardain & Erik Sardain - 18 March 2019
** Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

© SEBASTIEN SALOM GOMIS - SIPA